Tu arrives enfin à la gare et c'est à ce moment précis que retentit un son de cloche et s'élève une voix féminine :
"Mesdames et messieurs, l'express nocturne du transcontinental de Magel va bientôt partir d'Ahzuwd. Il s'arrêtera en gare d'Ijvawss et continuera sa course jusqu'à Calmka. Veuillez monter à bord, s'il vous-plait."
Tu t'empresses d'acheter un billet et tu montes à bord du train alors que celui-ci s'était déjà mis en marche. Tu prends place dans un compartiment bondé où tu peux enfin souffler. Le train quitte bientôt les dernières habitations de la ville et enclenche sa vitesse de croisière, tu ressens la poussée tandis que le paysage plongé dans la nuit défile sous tes yeux. Tu décides de te reposer tout en réfléchissant à la façon dont tu pourrais rencontrer le roi sans te faire remarquer ni arrêter. Tu te demandes si les enquêteurs qu'ont envoyé les autorités de Calmka à Nyt, sont parvenus à se procurer une description physique fidèle de toi et comment tu pourrais leur échapper si c'est le cas. Il va également falloir trouver un moyen de pénétrer dans le château, la méthode forte n'étant sûrement pas la bonne solution.
Le train arrive en gare d'Ijvawss après une petite heure de trajet. Il se vide de la majorité de ses passagers et tu te retrouves bientôt seul dans ton compartiment. C'est alors que la porte s'ouvre et qu'entre un homme tenant contre lui une valisette portant les armoiries de la famille royale d'Ijvawss. Il a l'air essoufflé et s'assied sur le fauteuil faisant face au tien.
- Vous avez l'air de quelqu'un qui a couru un cent mètres, lui dis-tu.
- Vous ne pensez-pas si bien dire, j'ai bien cru que je n'attraperai jamais ce fichu train !
- Je vois ce que vous voulez dire.
- Ah, vous aussi !? Comme c'est drôle.
- Vous travaillez pour la famille royale ? demandes-tu en désignant sa valisette.
- C'est exact. Le roi et son ambassadeur se sont rendus à Calmka pour assister au conseil des seigneurs, mais il semble qu'ils aient omis d' emporter quelques documents.
- On vous a donc chargé de les leur amener en catastrophe, si je comprends bien.
- Oui, on peut dire ça. Et comme ce train pour Calmka était le dernier avant l'ouverture du conseil des seigneurs, je n'avais pas trop le choix.
- Vous allez être accueilli en véritable héros !
- Ca m'étonnerait beaucoup, dit-il en riant, mais inutile de dire que je suis attendu.
- Je m'appelle Tanner, dis-tu en lui tendant la main.
- Harold, se présente-t-il à son tour en te serrant la main. Vous vous rendez également à Calmka, n'est-ce pas ?
- Exact, j'y vais pour affaires.
- Ah, vous êtes dans le commerce ?
- Oui, d'une certaine façon.
Le temps passe et vous parlez de choses et d'autres. Vous en arrivez à aborder le sujet des vols et des pillages qui ont lieu à travers les royaumes de Magel. Il te confie que le roi d'Ijvawss est inquiet car la révolte gronde un peu partout dans le peuple, les opérations menées jusqu' ici par les forces de sécurité n'ayant rien donné, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir se faire justice par eux-mêmes. A chaque fois qu'ils ont essayé de leur tendre un piège, les brigands ont toujours réussi à s'en sortir ou à l'éviter, comme s'ils savaient bien à l'avance ce qui les attendait. Il te parle également des derniers événements qui se sont produits à Nyt, des hommes qui se seraient introduits dans le château du roi et qui auraient tenté de l'assassiner. Selon Harold, ce serait encore un coup de la Guilde des Voleurs qui chercherait à déstabiliser la région et à la faire sombrer dans l'anarchie. D'abord la mort du chef de la Guilde, puis l'assassinat de la princesse Flora, l'enlèvement du prince héritier d' Ahzuwd, la tentative de meurtre contre le roi de Nyt et maintenant le déchaînement de violence à travers les royaumes, il te dit que tout cela suit une logique meurtrière et il se demande où cela s'arrêtera.
Tu vois par la vitre se dessiner les hauts sommets de la région montagneuse de Calmka ainsi que les premières habitations bordant la périphérie de la capitale. Il te reste peu de temps avant d'arriver et il te vient à l'idée que tu pourrais prendre la place d'Harold, en usurpant son identité et ainsi rentrer facilement dans le château. Il somnole sur son siège, tenant sa valisette dans ses bras. Tu profites du bref moment d'obscurité totale que t 'offre le train en passant sous un pont, pour te lever en un éclair et lui assener un coup sur la tête. Il s'écroule de tout son long sur le sol, assommé. Tu l'allonges sur le siège, de façon à ce que l'on croit qu'il est en train de dormir. Tu t'empares de sa valisette et tu sors du compartiment après en avoir refermé la porte. Le contrôleur passe dans les couloirs et fait une annonce :
"Mesdames et messieurs, l'express nocturne du transcontinental de Magel va bientôt entrer en gare de Calmka. Terminus, tout le monde descend !"
Tu sors du wagon et tu ouvres une porte donnant sur l'extérieur. Le train a ralenti son allure mais il est toujours en marche et s'apprête à entrer en gare. Il te faut éviter les contrôles effectués sur les quais, aussi tu prends de l'élan et tu sautes du train en faisant une roulade lorsque tu touches le sol. La réception est parfaite et tu te relèves sans problème en essuyant la poussière de tes habits. Apparemment personne ne t'a vu. Il ne te reste maintenant plus qu'à trouver le chemin du château et à éviter de te faire remarquer.
Tu gardes la mallette avec toi et tu t'arranges afin de te rendre le plus présentable possible. Te faufilant dans l'ombre et longeant les murs des habitations, tu parviens sans problème à contourner la gare. Tu agis en véritable professionnel du camouflage et personne ne remarque ta présence.
Tu arrives en centre-ville, Calmka est vraiment une cité cosmopolite dont la vie nocturne est très animée. Les grandes avenues de la ville sont interdites à la circulation, gardées par des soldats qui contrôlent rigoureusement les allées et venues de chacun. Les hautes tours éclairées du château s'élèvent au cour de la ville, tu décides donc d'emprunter des petites ruelles étroites pour t'y rendre sans attirer l'attention.
Après une heure de marche où tu as dû péniblement te frayer un chemin au milieu de la foule, tu arrives enfin aux abords du château, face à un grand mur d'enceinte qui protège la cour intérieure. Tu remarques la présence de tentes à proximité de l'entrée, ce sont probablement des artistes qui ont été appelés pour divertir les nobles rassemblés à l'occasion du conseil des seigneurs. En te renseignant auprès de quelques passants, tu apprends justement qu'une réception a été donnée par le roi de Calmka en l'honneur de ses invités et que le conseil ne se réunira que demain matin.
Tu t'approches de l'entrée où sont postés plusieurs gardes et tu te présentes :
- Bonsoir, je m'appelle Harold, je travaille au service de sa majesté le roi d'Ijvawss, dis-tu en leur montrant les armoiries royales se trouvant sur la mallette. Je suis attendu.
- Bien, vous pouvez passer, dit le garde en te faisant signe d'avancer.
Alors que tu te diriges vers l'entrée principale du château, décidément encore plus grand et imposant que tu ne l'aurais imaginé, tu remarques la présence de nombreux gardes munis de torches patrouillant dans la cour et sur les hauteurs des tours.
- Halte ! dit un garde posté aux pieds des marches menant à l'intérieur du château.
- Bonsoir, je dois remettre ces documents en mains propres à l'ambassadeur de sa majesté le roi d'Ijvawss.
Le garde t'observe d'un air suspicieux, mais il finit par reconnaître les armoiries de la famille royale d'Ijvawss.
- C'est bon, vous pouvez entrer. Le roi et son ambassadeur doivent se trouver actuellement dans la salle de spectacle, vous devrez attendre que le numéro auxquels ils assistent soit terminé avant de pouvoir vous entretenir avec eux.
- Compris, merci pour le renseignement.
Tu gravis les marches et tu entres dans le château. Tout autour de toi n'est que luxe et dorures. Les meubles, les tentures et les tableaux sont d'une richesse insoupçonnée, fruits de siècles de règne de la monarchie. Un nombre important de gardes est stationné à l'intérieur même du château, tu remarques également la présence de quelques hommes encapuchonnés portant une longue robe pourpre et or fendue par le milieu et frappée aux armoiries royales, ils patrouillent par deux le long des grands couloirs. Vu leurs habits, ce doit être des mages de combat qui ont été déployés pour assurer la sécurité des invités, tu sais que les conseils de seigneurs sont très rares et que le dispositif de sécurité doit être à la hauteur de l' événement.
Tu longes une interminable galerie parcourue de part et d'autre par des statues de marbre, et tu te diriges vers la salle de spectacle dont deux gardes barrent l'entrée de leur lourde hallebarde. Les seigneurs et leur dame sont en train de quitter la salle de réception toute proche pour venir prendre place dans celle-ci, de nombreux fauteuils confortables ont été disposés à cet effet pour qu'ils puissent s'asseoir à leur aise. Tu vois au fond de la salle une grande scène en bois où trône une curieuse caisse dorée probablement destinée à un tour de magie. Tu vois d'ailleurs un nain revêtu d'une longue robe de mage bleue et d'un grand chapeau assorti affairé à préparer quelques accessoires, dont te semble-t-il, plusieurs longues épées effilées. A ses côtés se trouve un jeune homme portant un costume de scène sombre à paillettes. Tu as beau chercher, mais tu ne trouves toujours pas le roi d'Ahzuwd, tu imagines qu'il doit encore se trouver dans la salle de réception mais qu'il ne devrait plus tarder à rejoindre ses pairs pour assister au spectacle. Apparemment personne ne t'a reconnu pour le moment, tu espères seulement que cela va continuer le temps pour toi de t'entretenir avec le roi d'Ahzuwd.
Tu vois le roi d'Ahzuwd entrer dans la salle de spectacle en compagnie d'un autre homme que tu ne connais pas. Ils vont s'installer au premier rang aux côtés des souverains de Calmka, ainsi que d'une femme en robe de bal pourpre accompagnée d'un jeune homme aux cheveux blancs. La salle se remplit bientôt de tous les seigneurs et dames, parlant et posant des questions au sujet du tour de magie. Tu essaies d'entrer dans la salle pour t'entretenir avec le roi, mais les deux soldats en gardant l'entrée te bloquent le passage :
- On ne passe pas ! te signifie l'un d'entre eux.
- Mais j'ai des documents importants pour le roi d'Ijvawss.
- Les ordres sont clairs, je suis désolé, personne ne rentre pendant le spectacle. Rassurez-vous, vous n'aurez pas bien longtemps à attendre.
Tu décides donc de rester devant l'entrée et d'attendre que le tour de magie prenne fin. Le jeune homme portant un costume sombre à paillettes et un masque assorti monte sur la scène aux côtés du nain en habits de magicien, ils échangent quelques paroles, puis un homme portant un costume d'apparat rouge demande le silence. Il frappe à trois reprises à l'aide d'un long bâton sur le sol, puis le lève dans la direction des artistes sur la scène pour leur faire signe qu'ils peuvent commencer. Le nain s'avance face à l' assistance et annonce sur un ton théâtral :
- Vos Majestés, nobles Seigneurs et Dames de Magel ! Mon assistant, le formidable Nab et votre humble serviteur, le grand Zoltan, avons l'honneur et le grand plaisir de vous présenter un tour de magie exceptionnel ! Mon assistant va entrer dans cette caisse et je vais y enfoncer ces épées, dit-il en désignant les quatre longues lames disposées sur une table.
Maintenant à vous, Nab, dit-il en faisant signe à son assistant d'entrer dans la caisse.
L'assistance applaudit puis se met à chuchoter, quelques dames ont l'air inquiètes du sort qui attend le jeune homme. Il entre dans la caisse et se recroqueville tandis que le nain la referme, puis passe de lourdes chaînes tout autour, les attachant à l'aide de solides cadenas. Il se dirige ensuite vers la table et empoigne deux épées. Une première épée traverse de part en part la caisse, suivie rapidement d'une deuxième. Tu entends alors des voix s'élever dans l'assistance, les gens ont l'air impressionnés et même terrifiés par ce qui se passe. Bientôt une troisième épée s'enfonce cette fois-ci en diagonale, des dames laissent échapper un cri de peur alors que le magicien enfonce la quatrième et dernière épée qui transperce la caisse de haut en bas. Puis il retire les épées une à une suivies des chaînes, il reprend ensuite la parole devant l'assemblée :
- A présent, Vos Majestés, nobles Seigneurs et Dames de Magel, regardez le miracle s'accomplir ! s'exclame-t-il en laissant tomber sur le sol quelques gouttes provenant d'une étrange fiole contenant un liquide incolore.
Tu vois apparaître une vive lueur instantanément suivie de plusieurs explosions, c'est ce moment précis que choisit le jeune homme pour jaillir de la caisse au milieu d'une fumée blanchâtre, en retirant son masque et en levant les bras en signe de victoire. Tout le monde a l'air très surpris de le voir encore en vie, le public est partagé entre le soulagement et la peur. Quelques applaudissement s'élèvent dans la salle relayés par ceux des ménestrels, puis tous les seigneurs et dames se lèvent de leur fauteuil et les applaudissent chaleureusement. C'est un véritable triomphe !
Le magicien tend la main droite à son assistant, qui sort de la caisse et prend sa main dans la sienne. Ils s'avancent vers le rebord de la scène et saluent le public qui continue à les applaudir avec enthousiasme. Puis le roi et la reine de Calmka s'approchent et s'entretiennent pendant un moment avec eux. L'homme en habit rouge que tu devines être le grand chambellan, reprend la parole :
- Vos Majestés, nous vous prions de bien vouloir vous rendre dans l'autre salle afin d'assister au grand bal qui clôturera cette soirée !
Le magicien est assailli par des nobles qui lui posent toutes sortes de questions, apparemment leur tour de magie a remporté un vif succès et chaque famille royale de Magel souhaite qu'ils viennent donner une représentation dans leur royaume. Son assistant se dirige vers d'autres artistes et des ménestrels rassemblés dans un coin de la salle, ceux-ci l'accueillent en lui serrant la main et en le félicitant amicalement. Il discute longtemps avec l 'un d'entre eux puis il se rend derrière un grand drap tendu, probablement pour se changer.
Les gardes relèvent leur hallebarde et les invités quittent progressivement la salle de spectacle pour se rendre dans celle de bal. Le roi d'Ahzuwd se lève alors de son fauteuil et se dirige à son tour vers la porte d'entrée. Il remarque de suite ta présence lorsqu'il franchit la porte, il a l'air surpris de te voir, il s'avance vers toi et t'adresse la parole à voix basse :
- Vous, ici ? Comment avez-vous fait pour entrer ?
- Une simple ruse, réponds-tu en lui montrant la mallette frappée aux armoiries d'Ijvawss.
- Je préfère ne pas savoir comment vous vous êtes procuré cela.
- Serait-il possible de m'entretenir avec vous en privé, votre majesté ?
- Suivez-moi. dit-il après avoir vérifié que personne ne vous observait.
Il t'entraîne avec lui dans une pièce isolée située au rez-de-chaussée du château.
- Mais êtes-vous fou de venir ici alors que vous êtes activement recherché par tous les services de police de ce royaume ? Et si l'on vous reconnaissait, vous rendez-vous compte du scandale que ça serait ?
- Parfaitement, mais j'ai tout de même pris ce risque.
- Vous n'êtes qu'un pauvre inconscient, Tamanoir.
- Je suis peut-être un inconscient, mais vous vous êtes un criminel ! Vous m 'avez trompé en me faisant croire que j'allais abattre la personne responsable de l'enlèvement de votre fils, alors qu'il s'agissait en fait de la princesse Flora. Pourquoi avez-vous fait ça ? Maintenant tout le monde me prend pour un assassin !
- Assez ! Comment osez-vous me parler sur ce ton ? Je vous avais demandé de tuer une femme et ce n'est pas de ma faute si vous en avez tué une autre à sa place.
- Une autre !? Vous savez très bien que c'est faux ! Je pourrais vous faire tomber Ahzuwd !
- Peut-être, peut-être pas. N'oubliez pas que c'est la parole d'un assassin contre celle d'un roi. Vous n'avez strictement aucune chance contre moi, Tamanoir.
Tu fulmines intérieurement, tu as envie de te jeter sur lui et de lui faire ravaler ses paroles.
- Et mon argent ?
- Comment cela ? demande-t-il d'un ton sarcastique. Vous n'imaginiez tout de même pas que j'allais vous payer, n'est-ce pas ? Comme c'est drôle ! S' esclaffe-t-il en laissant échapper un rire mauvais. Fichez le camp d'ici et que je ne vous revoie plus jamais ! Si par malheur vous vous avisez à parler de cette histoire à quiconque, je vous jure que votre tête trônera au sommet de mon château
Tu t'approches du roi et tu tends l'index de ta main droite dans sa direction en signe d'avertissement :
- Très bien, mais ça ne se passera pas comme ça, je vous préviens que si je n'ai pas ce que vous me devez, ça ira très mal pour vous et votre famille, je vous le dis "mon Seigneur".
- Comment osez-vous me menacer, vermisseau ? demande le roi avec mépris Vous venez de commettre une grave erreur, Tamanoir. Vous allez apprendre à vos dépends que l'on ne menace pas impunément le roi d'Ahzuwd !
Il se dirige d'un pas rapide vers l'entrée de la petite pièce.
- A moi, la garde ! crie-t-il à l'attention des gardes postés à l'entrée principale du château.
Tu entends les gardes accourir du couloir, l'un d'eux arrive presque immédiatement sur place et te menace à l'aide du canon-laser monté au sommet de son hallebarde, ceci alors que le roi te désigne du doigt :
- Garde, abattez cet homme, il m'a menacé de mort !
- Non ! cries-tu en dégainant à la rapidité de l'éclair et en ouvrant le feu sur eux.
Un premier tir atteint le garde à la tête, celui-ci s'effondrant sur le sol, le second tir atteint quant à lui le roi, le blessant gravement à l'épaule gauche. Il crie de douleur et se met à couvert derrière le mur en se tenant le bras gauche tandis que du sang goutte le long de ses doigts. Trois autres gardes arrivent rapidement sur les lieux et se précipitent dans ta direction. Tu esquives de justesse l'attaque du premier, la lame tranchante de son hallebarde entaillant tes habits sur le côté, puis tu assènes une série de coups au deuxième garde alors que celui-ci essaie de te bloquer contre le mur, tu finis par le jeter au sol en le repoussant à l'aide du pied. Le troisième ouvre le feu sur toi, tu fais une roulade sur le côté et son tir touche de plein fouet la fenêtre de la salle. Elle éclate dans un terrible fracas et des bris de verre sont projetés à travers la pièce, blessant tous ceux qui s'y trouvent.
A ce moment là, quatre nouveaux gardes font irruption dans la pièce. Tu ne peux pas lutter contre autant d'ennemis. Tu décides donc de tenter ta chance et de sauter par la fenêtre, le sol se trouvant tout au plus à trois mètres.
Tu prends un peu d'élan et tu sautes par la fenêtre, t'accroupissant à réception du sol. Les gardes présents dans la pièce se mettent à la fenêtre et te tirent dessus à l'aide de leur canon-laser, d'autres gardes situés sur les toits ouvrent également le feu sur toi, les impacts de leurs tirs explosant au sol et soulevant de la poussière. Tu t'éloignes d'eux en courant pour te mettre à l'abri, tu poursuis ta course éreintée jusqu'à arriver aux portes extérieures du château, par là-même où tu es arrivé. T'y attendent huit gardes, ainsi qu'un officier accompagné de quatre mages de combat royaux de Calmka. Tu ne te rappelles pas en avoir vu autant en arrivant. Ils ont vraisemblablement dû être alertés par les combats et se sont regroupés pour bloquer la sortie afin d'empêcher ta fuite. La confrontation semble désormais inévitable.
Dès que tu vois ce qui t'attend à la sortie, tu te caches dans l'obscurité en attendant de trouver une solution. Les gardes se trouvant aux portes extérieures du château ne t'ont pas encore vu, tu te dis qu'il va falloir trouver un moyen de faire diversion pour pouvoir sortir d'ici. Bien que tu sois une fine gâchette et d'une grande agilité, tu ne peux pas te mesurer à autant d'adversaires simultanément, surtout que les mages de combat auraienttôt fait de te mettre hors-course. Tu décides donc de rebrousser chemin, mais tu aperçois des soldats sortir du château, ce sont justement ceux avec qui tu viens de te battre. Tu risques d'être pris en étau et de ne plus pouvoir t'échapper !
C'est à ce moment là que tu vois une des grandes fenêtres de la salle de bal voler en éclats dans un fracas épouvantable. Une forme s'en échappe, tu la discernes mal au début puis tu te rends compte qu'il s'agit d'une femme aux cheveux gris flottant au gré du vent, elle semble léviter dans les airs en direction des hautes portes métalliques des murailles d'enceinte du château.
Les gardes situés dans la cour et sur les toits ouvrent le feu sur elle, ceux se trouvant à côté des hautes portes quittent leur poste et courent dans sa direction pour l'intercepter. Quant aux quatre mages de combat, ils dessinent des arabesques lumineuses dans l'air et récitent les paroles d'une puissante incantation. Derrière eux se trouvent les portes de la seule issue du château, ça risque d'être serré mais c'est peut-être l'unique occasion que tu auras de fuir pendant qu'il en est encore temps.
Toujours parfaitement caché dans l'obscurité, tu te glisses silencieusement derrière les mages de combat, la grande porte d'enceinte ne se trouve tout au plus qu'à une dizaine de mètres, tu pourrais aisément la franchir en courant. C'est alors que tu entends un crépitement suivi d'une forte odeur de souffre s'élever dans l'air, les mages joignent leurs mains et lancent quatre énormes boules de feu en direction de la femme aux cheveux gris. Tu sens la chaleur insoutenable dégagée par les flammes et tu vois les traînées de chaleur qu'elles laissent dans leur sillage. Tu n'aimerais pas te trouver sur leur trajectoire.
La jeune femme continue à flotter dans les airs, grâce à une agilité hors-pair elle parvient à en éviter trois à la suite, mais le savant stratagème des mages la contraint à faire face à la dernière qu'elle ne peut éviter. Tu te dis que c'en est fini pour elle, que nul être humain n'est en mesure de survivre à une pareille attaque, qu'il ne restera d'elle tout au plus qu'une poignée de cendres. Quelle n'est pas ta surprise lorsque tu la vois tendre les mains dans la direction de l'énorme boule de feu. Est-elle folle ? Mais apparemment elle a tout à fait l'air de savoir ce qu'elle fait, la boule de feu semble ralentir sa course et finit même par se stabiliser à sa hauteur. C'est tout bonnement incroyable ! Mais ce qui l'est encore plus, c'est lorsque tu vois la boule de feu se remettre à bouger, mais cette fois-ci dans le sens inverse. Elle fonce droit sur vous !
Les mages jugeant qu'ils ne sont pas en mesure de se protéger efficacement, courent le plus loin possible pour se mettre à l'abri. Du coup la voie est libre et tu décides de suivre leur exemple et de courir à toute vitesse vers la porte. Tu franchis l'enceinte du château alors que la masse infernale s' abat sur ses murailles dans un déluge de feu, qui projète des pierres noircies à plusieurs dizaines de mètres à la ronde. Le souffle de l' explosion te plaque au sol, tu as la sensation qu'un géant vient de te balayer d'un revers de main. Tu l'as échappé belle, quelques secondes de plus et ton compte était bon.
Tu te relèves péniblement, tu as l'impression que ton corps est en mille morceaux. Plusieurs badauds se rassemblent sur le parvis attirés par l' explosion et inquiets de ce qui arrive au château royal. Quelques âmes charitables viennent tout de même t'aider à te remettre sur tes pieds. Tu regardes en direction du château, la grande porte d'enceinte n'existe plus, les flammes consument les écuries toutes proches et une épaisse fumée opaque
s'élève dans le ciel. Il te semble que les combats se poursuivent car tu entends encore le bruit des tirs des hallebardes des gardes, mais la fumée t'empêche de voir ce qui se passe exactement. Quoiqu'il en soit tu décides de ne pas t'éterniser et de t'éloigner le plus possible du château. C'est alors que tu entends retentir le son d'une puissante corne à travers les rues de la ville.
Tu repères un endroit où rester à couvert tout en disposant d'une large vue sur le château. Depuis là où tu te trouves, tu vois les gens courir pour rentrer chez eux, certains s'empressant même de fermer les volets de leurs fenêtres. Tu arrêtes un passant par le bras :
- Attendez. C'était quoi ce son de corne ? Pourquoi tout le monde rentre chez soi ?
- Vous n'êtes pas d'ici, vous. Ils ont décrété le couvre-feu, toutes les voies d'accès de la ville sont bloquées, de même que la grande gare. Ils vont déployer la garde nationale.
- Le couvre-feu ? Et pour quelle raison ?
- Et bien, je suppose que ça a un rapport avec ce qui est en train de se passer au château. Je n'en sais pas plus. Maintenant, si vous permettez.
Tu le laisses partir et tu le suis du regard pendant un moment, jusqu'à ce qu'il disparaisse au détour d'une ruelle. Ton intérêt se porte sur le château et cette mystérieuse femme qui se battait avec les gardes et les mages de combat royaux. Tu assistes à une série d'explosions causées par des projectiles enflammés, venant illuminer brièvement le ciel de la ville avant de se perdre dans les nuages. Les mages ont dû repasser à l'attaque. C'est alors que tu entends une succession de détonations situées à côté de ce qui reste de la grande porte du château, leur souffle ouvre un passage au milieu des flammes et tu vois la femme aux cheveux gris s'y engouffrer et courir sur le parvis, poursuivie de près par les gardes qui ouvrent le feu sur elle. Mais qui peut-elle bien être ? Elle s'arrête subitement en plein milieu de la place et se retourne pour faire face aux gardes, elle se met ensuite à dessiner des arabesques bleutées en face d'elle et des traits de lumière parfaitement rectilignes jaillissent de ses mains, venant frapper quatre gardes qui lui faisaient face. Les puissants rayons de lumière les traversent de part en part telles des balles traçantes, ils s'affaissent sur le sol, morts.
La mystérieuse femme reprend sa course, mais cette fois-ci en direction de la rue où tu te trouves ! C'est alors que tu entends des bruits de bottes s' élever à quelques dizaines de mètres derrière toi, c'est la garde nationale.
Il te faut trouver rapidement un endroit où te dissimuler, mais la rue dans laquelle tu te trouves n'offre aucune possibilité de ce genre. A moins de fracturer une porte ou une fenêtre, tu risques de te retrouver coincé en étau entre la femme et ses poursuivants d'un côté et la garde nationale de l'autre ! Sans compter que toutes les issues de la ville sont bloquées, il risque de faire très chaud ici dans une poignée de secondes.
Te sentant pris au piège, tu décides de te réfugier dans la maison la plus proche, mais la porte est bien fermée. Tu entreprends alors de crocheter la serrure à l'aide du kit que tu possèdes. Le temps presse et tu les entends se rapprocher, ils seront là d'une seconde à l'autre ! Tes mains tremblent un peu mais tu arrives tout de même à faire jouer le mécanisme, tu entends un cliquetis et il ne te reste plus qu'à tourner la poignée pour entrer dans la maison. Tu t'empresses de fermer la porte derrière toi tout en prenant soin de ne pas la faire claquer, afin d'éviter d'attirer l'attention sur toi et de réveiller les éventuels occupants de la maison.
Tu jètes un coup d'oil dans l'intérieur sombre mais tu ne trouves aucune trace d'activité ni signe de la présence de quelqu'un, hormis quelques cendres encore rougeoyantes dans l'âtre. Ceux qui habitent cette maison sont allés se coucher ou bien sont peut-être sortis, quoiqu'il en soit tu devrais être en sécurité ici pour un moment. Tu tressautes alors que tu entends les tirs des soldats exploser le long des parois toutes proches. Tu t'approches discrètement d'une fenêtre et tu jètes un coup d'oil sur ce qui se passe au-dehors. La jeune femme aux cheveux gris a l'air blessée et se retranche au centre de la rue, encerclée de toute part, il semblerait que c'en soit fini de sa course effrénée.
- Cette fois-ci tu vas mourir, sorcière ! lui crie un des gardes du palais en brandissant son hallebarde.
Au lieu d'être effrayée, la jeune femme se contente d'afficher un sourire narquois. Tels des fléaux s'abattant du ciel, quatre hommes habillés de noir fondent sur les gardes depuis les toits. Des filets de sang tapissent les murs alors que les inconnus effectuent une percée meurtrière au milieu des troupes à l'aide de coutelas qu'ils manient à la perfection, ne laissant que mort et agonie dans leur sillage. Les gardes ouvrent le feu sur leurs mystérieux assaillants mais ceux-ci semblent dotés d'une rapidité et d'une agilité hors du commun, esquivant chaque attaque avec grâce ou parant les tirs à l'aide de leurs lames argentées qui semblent particulièrement résistantes. Ils te font penser à un groupe de ninjas, rapides etparfaitement synchronisés. Prenant appuis sur les murs, les quatre hommes en noir accompagnés de la femme aux cheveux gris sautent sur le toit d'une maison mitoyenne à celle où tu te trouves, tu t'étonnes de la formidable
détente qu'ils ont pu développer, le toit se trouvant à une hauteur de près de huit mètres.
- Ils s'enfuient par les toits ! crie l'un des gardes qui a l'air d'être leur chef. Lieutenant Zalys, prenez vos hommes encore valides et pourchassez-les à travers le quartier, nous allons les attendre sur la Place du Couchant, ils seront bien obligés d'y passer tôt ou tard. Ils ne doivent pas nous échapper !
- Bien ! A vos ordres, mon capitaine ! répond le lieutenant Zalys en rassemblant ses hommes avant de se lancer à la poursuite des mystérieux hommes en noir et de la sorcière.
C'est à ce moment là que tu entends pousser un cri, tu te retournes et tu aperçois une vieille femme en chemise de nuit se tenant dans les escaliers en bois menant à l'étage. Elle a dû entendre tout ce remus-ménage et est descendue voir ce qui se passait.
- A moi ! A l'assassin !!! crie-t-elle terrifiée.
Tu entends que l'on donne des coups de boutoir contre la porte, quelqu'un essaie de l'enfoncer ! Les gonds cèdent et la porte s'ouvre d'un coup, laissant entrer plusieurs gardes qui braquent leur hallebarde dans ta direction.
- Au nom du roi, je vous somme de vous rendre ! t'ordonne l'un des gardes.
Tu regardes au niveau du rez-de-chaussée à la recherche d'une issue, mais apparemment tous les volets des deux autres fenêtres de la pièce sont fermés, tu perdrais un temps précieux en essayant de les ouvrir, tu décides donc de tenter ta chance en montant au premier. Tu te précipites vers les escaliers en bois où tu y croises la vieille femme, toute tremblante et terrifiée, se tenant contre la rampe.
- Non ! s'exclame l'un des gardes tandis que d'autres pointent le canon de leur hallebarde dans ta direction. Vous risqueriez de la blesser. Allez ! dit-il en leur faisant signe de se lancer à ta poursuite.
Tu arrives rapidement à l'étage et tu es immédiatement attiré par la faible lueur d'une chandelle. Tu pénètres dans la chambre et tu en referme la porte, puis tu pousses une commode de toutes tes forces de manière à ce qu' elle la bloque. Tu entends les voix toutes proches des soldats dans le couloir, ils tournent la poignée mais voyant que la porte demeure fermée, ils décident de l'enfoncer à plusieurs. Bien déterminé à ne pas te laisser prendre au piège, tu t'empresses d'ouvrir l'unique fenêtre de la chambre. Tu jètes un coup d'oil en bas où plusieurs gardes sont en faction devant la porte. Inutile d'envisager de descendre dans ces conditions, tu te ferais tirer comme un lapin, il va donc te falloir passer également par les toits !
Prenant appuis sur le rebord de la fenêtre, tu t'agrippes aux pierres et aux poutres apparentes de la maison. Tu effectues ensuite un mouvement de balancier afin de prendre un peu d'élan et tu parviens à te hisser à la force des bras jusque sur le toit. C'est à ce moment là que tu entends la porte de la chambre céder et la commode être poussée avec fracas. Un garde passe la tête par la fenêtre et ne voyant personne en bas, tourne son regard vers le toit. Il écarquille les yeux de surprise tandis que tu lui assènes un coup de pied au visage, déséquilibré, il bascule en contrebas et vient s' échouer sur le sol pavé de la rue.
- Là-haut ! Ouvrez le feu ! crie l'un des gardes en faction devant la porte.
Tu te jètes à plat ventre sur le toit pour éviter les tirs qui pulvérisent quelques tuiles au passage. Profitant d'un bref répit entre deux salves, tu te relèves et tu cours le long du toit pour te mettre hors de portée. Les tuiles sont assez glissantes mais tes réflexes réagissent au quart de tour.
Faisant preuve d'une grande agilité, tu bondis de toits en toits à la suite de la jeune femme et des hommes en noir, dont tu discernes la présence à quelques dizaines de mètres en face de toi. Tu te fais quelques frayeurs en sautant au-dessus du vide alors que les maisons prennent progressivement de la hauteur. Tu aperçois une grande place se dessiner au nord-ouest d'ici, ce doit être la Place du Couchant dont ont parlé les gardes de tout à l'heure.
Si tu n'avertis pas immédiatement les autres, il y a fort à parier qu'ils vont se jeter dans le piège qui leur a été tendu. Tu décides donc de te dépêcher et de te surpasser pour arriver à temps ! Jetant un rapide coup d' oil en contrebas, tu te rends compte que tu te trouves à plus d'une douzaine de mètres du sol, toute chute à cette hauteur te serait fatale.
Alors que tu arrives enfin au terme de ta course sur les toits de la ville, tu aperçois la silhouette d'un des hommes en noir. Il se trouve de dos au bord du vide, comme s'il s'apprêtait à sauter en direction de la place. Tu n'as pas le temps de t'approcher ni même de prononcer la moindre parole pour l'en dissuader, que deux hommes en noir surgissent de derrière une cheminée et se saisissent de toi. Tu vois briller une lame tandis que l'un d'entre eux s'apprête à te trancher la gorge.
- Arrête ! s'interpose la jeune femme en retenant la main de l'homme.
Tu es surpris par celle que les gardes avaient appelé sorcière, elle n'a vraiment rien de cela, bien au contraire ses très fins, ses yeux bleus et ses cheveux gris-clair ondulant au gré du vent lui donnent un charme certain. Tu te demandes comment une jeune femme d'une apparence si délicate a pu tenir tête à tous ces gardes et aux mages de combat royaux, elle doit sûrement posséder des pouvoirs hors du commun. Tu remarques la présence d' une petite tache de sang sur le côté gauche de son juste au corps noir, malgré tous les talents qu'elle a employés, elle a tout de même dû être blessée pendant les affrontements.
- Je crois que je connais cet homme, dit-elle en te fixant au fond des yeux. C'était bien vous que j'ai vu s'enfuir du château, n'est-ce pas ? Qui êtes-vous et que nous voulez-vous ? Si vous nous mentez, je vous jure que vous goûterez du tranchant de cette lame
La jeune femme n'a pas l'air surprise par ce que tu viens de leur apprendre.
- Je veux bien vous croire, Tamanoir, dit-elle en ne te lâchant pas du regard. Mais dites-moi, quel était ce petit problème qui vous a valu d'être pourchassé par leurs gardes ?
- C'est tout à fait personnel, disons que le roi d'Ahzuwd et moi avons un différent à régler. Mais je pourrais vous retourner la question, j'ai vu que vous avez eu fort à faire avec leurs mages de combat royaux. Le moins que l' on puisse dire c'est que vous n'y êtes pas allée de main morte !
- Cela n'est qu'un aperçu de ce qui les attend, ils apprendront eux aussi à
avoir peur.
- Jaheira, qui nous dit qu'il ne nous tend pas un piège ? intervient l'un des hommes. Nous devrions le tuer pour plus de.
- Assez ! l'interrompe-t-elle. Les yeux ne mentent jamais et il n'a rien à gagner à venir nous prévenir, à part de se faire descendre. Lâchez-le ! ordonne-t-elle aux deux hommes en noir qui te retiennent prisonnier.
Ceux-ci s'exécutent sur-le-champ et rangent leurs coutelas à leur ceinture d'un geste artistique. Soulagé, tu te redresses et tu te mets sur ton séant. Tel un oiseau porté par le vent, un des hommes en noir vous rejoint en sautant depuis un toit voisin, il s'approche de Jaheira et retire le foulard noir qui lui masquait le haut du visage, révélant une chevelure blonde abondante et des yeux bleus semblables à ceux de la jeune femme.
- Jaheira, dit-il un peu essoufflé, cet homme a dit vrai. Les gardes ont cerné tout le quartier, ils ont déployé des garnisons sur la place qui sont en ce moment même rejointes par des mages. Ils nous barrent la seule issue possible, si nous descendons maintenant nous allons nous faire tailler en pièces !
- Et bien, Jan, je crois que nous allons devoir apporter quelques modifications à nos plans. Il est toujours temps pour vous de fuir, Tamanoir, vous nous avez prévenus à temps et nous vous en sommes reconnaissants, mais ce combat n'est pas le vôtre.
- Je n'ai pas l'habitude de me défiler, fais-tu remarquer, et je vous rappelle qu'ils veulent également me faire la peau. Je sais me battre et je pense que nous aurons plus de chances tous ensemble que séparés.
- Votre courage est tout à votre honneur, dit-elle en souriant. Je suis de votre avis et je suis bien déterminée à ne leur faire chèrement payer notre peau. Je leur réserve d'ailleurs encore quelques surprises.
- Quel est le plan ? demande l'un des hommes.
- Je vais faire une diversion, Jan et Tamanoir en profiteront pour actionner le mécanisme de la porte pendant que vous autres couvrirez leurs arrières. Il va falloir faire très vite, si les mages sont déjà là ils risquent de riposter rapidement et je ne pourrai pas vous protéger. Acceptez-vous de prendre ce risque Tamanoir ?
- Vous pouvez compter sur moi, ils n'auront pas le temps de réaliser quoi que ce soit que nous serons déjà loin de Calmka !
- Parfait, approuve-t-elle en acquiesçant. Etes-vous prêts ?
- Jusqu'à la mort ! s'exclament-ils en croisant les lames de leurs coutelas à l'horizontale.
- Bien, alors à vous de jouer, dit-elle en vous donnant le signal de vous mettre en position.
Jan et toi vous laissez glisser le long du toit puis vous accrochez à son rebord, parés à sauter dès que la voie sera libre, vous êtes bientôt rejoints par les trois autres hommes en noir qui se disposent sur vos côtés.
En contrebas, plusieurs escadrons de gardes prennent position sur la place, ils doivent bien être une cinquantaine en tout, tu te dis que le rapport de forces est vraiment disproportionné, mais d'un autre côté tu n'as plus moyen de faire machine arrière. Reste à espérer que la diversion de Jaheira fonctionnera et que les autres tiendront suffisamment longtemps pour vous permettre d'actionner le mécanisme.
Tu vois alors la jeune femme s'avancer sur le sommet du toit, elle tend les bras vers le ciel où le jour commence à se lever et entonne les paroles d' une puissante incantation, les mots de pouvoir raisonnent à tes oreilles comme autant d'appels adressés à des forces occultes qui ne devraient jamais être éveillées. Une petite brise se lève et balaye la Place du Couchant, puis tu sens l'atmosphère s'électriser comme si elle était surchargée de tensions électromagnétiques. Jaheira poursuit quant à elles ses invocations, dessinant des arabesques étincelantes dans le ciel tandis que ses yeux brillent d'un éclat surnaturel, ses cheveux ondulant au gré d'un vent qui ne cesse de gagner en puissance, la brise se changeant bientôt en bourrasques qui font claquer les étendards royaux disposés sur les côtés de la grande porte. Tu entends soudain un grondement dans le ciel, comme si un violent orage s'apprêtait à éclater. Plusieurs gardes scrutent le ciel, étonnés que celui-ci se soit obscurci si rapidement, certains d'entre eux tendant même la main pour sentir si la pluie commence à tomber. Mais au lieu de pluie, des nuages noirs et menaçants commencent à s'amonceler et à former une masse opaque qui s'étend jusqu'à occulter la lumière du jour naissant. Tu te rends compte que les mains de Jaheira se mettent à rayonner et que sa voix s' altère pour devenir plus grave avec des intonations gutturales, presque inhumaines. Soudain dans un fracas infernal, une série d'éclairs déchirent le ciel de la ville et viennent s'abattre sur la place en semant l' apocalypse ! La force et la puissance dévastatrice de la foudre s'abat sur les gardes stupéfaits qui s'effondrent par dizaines sur le sol, calcinés sur place, de la fumée s'échappant de leur armure noircie. C'est la panique et les quelques survivants regardent hébétés le spectacle macabre qui s'offre à leurs yeux, certains gardes tentent désespérément d'éteindre les flammes qui consument leur uniforme tandis que d'autres s'empressent de fuir, redoutant une seconde attaque qui ne leur laisserait aucune chance.
Vous sentez que le moment est enfin venu pour vous d'intervenir et vous sautez depuis le toit, vous réceptionnant sur le sol en effectuant une roulade parfaitement contrôlée. Jan et toi vous élancez en direction du
poste de garde commandant le mécanisme de la porte, tandis que les trois autres hommes en noir barrent le chemin à une poignée de gardes menés par un officier. Jan donne un coup de pied dans la porte et assène une succession de coups mortels aux deux soldats qui en montaient la garde de chaque côté, quant à toi tu dégaines et tu ouvres le feu avec une précision chirurgicale sur deux autres gardes assis qui s'écroulent avant de réaliser ce qui leur arrive. Joignant votre force, vous arrivez à pousser simultanément les deux leviers commandant l'ouverture de la porte. Vous entendez un mécanisme colossal s'enclencher, puis un grincement retentit alors que s'entrouvrent progressivement les immenses battants métalliques de la porte pesant plusieurs dizaines de tonnes chacun. Vous quittez le poste de garde et vous constatez qu'un des trois hommes en noir s'est fait abattre par les tirs d' un nouvel escadron venu en renforts, les deux autres résistent de leur mieux mais ils se retrouvent bientôt obligés de battre en retraite, repoussés par le feu nourri des armes des gardes. Tu réalises que Jaheira a quitté le toit et se retrouve cernée par quatre mages qui se rapprochent d'elle en l' encerclant, les mains tendues dans sa direction, prêts à lui assener une attaque magique mortelle.
- Va lui porter secours, Tamanoir, te demande Jan, pendant ce temps je vais aider les autres afin de gagner du temps. Nous ne pouvons pas partir sans elle, si nous l'abandonnons ici cela équivaudrait à signer son arrêt de mort
!
La porte menant vers l'extérieur de la ville est à présent grande ouverte, il te suffirait de courir un sprint et tu laisserais tout ce monde et ces combats derrière toi, mais d'un autre côté tu te dis que tu ne peux pas les abandonner de cette façon. Reste maintenant à faire le bon choix.
Magel Assassinat : Tamanoir
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Tu quittes Jan et tu escalades rapidement le mur en pierres de taille de la maison la plus proche pour te rendre sur les toits de la ville, de là tu te rapproches du rebord surplombant l'endroit où se trouvent Jaheira et les mages. Tu te couches à plat ventre et tu pointes ton arme sur le mage le plus proche, tu vises et tu tires ! Il tombe sur le sol, mortellement blessé à la tête. Les trois autres se retournent et cherchent d'où a pu provenir le tir, tu en profites pour ajuster ton arme et tu ouvres à nouveau le feu sur un autre mage, celui-ci s'affaisse sur lui-même, touché en plein cour. Mais cette fois-ci les deux mages restant t'ont vu et ils s'entourent rapidement d'un bouclier de protection contre les projectiles, puis ils tendent leurs mains dans ta direction et un jet de flammes jaillit de leurs doigts pour foncer droit sur toi ! Tu es surpris par leur attaque et tu te retrouves déséquilibré tandis que tu essaies d'esquiver les flammes brûlantes, ton pied glisse sur une tuile et tu chutes depuis le toit.
Tu t'agrippes de justesse à un lampadaire pour ralentir ta chute, mais tu finis tout de même par retomber lourdement sur le sol pavé de la place. Ta jambe droite te fait affreusement mal, tu sens qu'elle doit être cassée, la douleur te lance et se diffuse à travers ton corps. Les deux mages se rapprochent de toi et sourient en abaissant leurs bras dans ta direction, des flammèches commençant à courir le long de leurs doigts. Tu cherches ton arme mais tu ne la retrouves pas, cette fois-ci tu te dis que tout est fini.
C'est alors que tu entends filer une lame dans l'air, elle vient se ficher dans le dos de l'un des mages qui essaie pathétiquement de la retirer avant de s'écrouler sans un bruit. Tu te retournes et tu vois Jan te faire signe en souriant. Le dernier mage a l'air furieux, il exécute une série de passes magiques et ses mains s'auréolent d'une lueur bleutée, il les tend ensuite en direction de Jan et des éclairs s'échappent de ses doigts pour venir le frapper. Mais celui-ci est très agile et rapide, il effectue un enchaînement de sauts arrières et les éclairs entrent en contact avec le sol, faisant voler en éclats les pavés de la place. Apparemment le mage a décidé de s' attaquer à une cible plus facile et se retourne vers toi :
- Tu vas payer pour tes amis, crois-moi, tu vas apprendre ce qu'il en coûte de nous défier.
- Crève, ordure ! s'exclame une femme.
- Comment !?
Le mage pivote sur lui-même et tu vois Jaheira lui enfoncer une dague au plus profond des entrailles, le mage crie de douleur et tente de s'accrocher à elle, mais Jaheira le repousse et l'envoie à terre.
- C'est à votre tour de souffrire. déclare-t-elle en lui laçant un dernier regard dans lequel tu peux lire le dégoût et le dédain.
Jaheira se rapproche de toi et vient t'examiner de plus prêt :
- Je suis sincèrement désolée, Tamanoir, pour. tout ça.
- J'étais venu te secourir et finalement c'est toi qui me sauve la vie, comme le destin est étrange.
- Détrompe-toi, sans ton aide je serais probablement morte à l'heure actuelle, tu es un sacré bon tireur, tu sais ? Est-ce que tu peux te lever ? demande-t-elle inquiète.
Tu essaies de prendre appui sur ta jambe gauche, mais tu n'y parviens pas et tu retombes en laissant échapper un cri de douleur. A ce moment Jan vous rejoint et te regarde d'un air préoccupé :
- Il doit avoir la jambe cassée, je vais l'aider, dit-il en te prenant par l 'épaule et en te relevant doucement.
- Et les autres ? lui demande Jaheira.
- Morts, tous les trois. Maintenant venez, il faut qu'on décampe d'ici avant que les renforts n'arrivent !
- Mais pour aller où ? Avec ma jambe dans cet état je n'irai pas bien loin.
- Nos amis nous attendent en dehors des limites de la ville, t'informe Jaheira, mais il va falloir que nous évitions les patrouilles. L'un d'entre vous a-t-il une idée ?
Jaheira t'écoute attentivement et finit par acquiescer :
- Je crois que Tamanoir a raison, nous devons faire une diversion suffisamment loin pour nous laisser le temps de sortir de la ville et de rejoindre les autres.
- Est-ce que tu crois que tu as encore suffisamment d'énergie pour lancer une attaque, lui demande Jan.
- J'ai bien peur que non, répond-elle en détournant la tête, j'ai dépensé énormément d'énergie avec le rituel de foudre, nous allons devoir trouver une autre solution...
- Je suis donc le seul à pouvoir m'en charger, déclare Jan. Reste cachée avec Tamanoir et filez dès que les troupes seront parties à ma poursuite, je vais essayer de les attirer vers l'extérieur de la ville.
Jaheira a l'air de désapprouver ce plan mais, sachant bien qu'il n'y a pas d'autre solution, elle finit par hocher de la tête à contrecoeur :
- C'est d'accord, fais bien attention à toi, Jan... dit-elle en le serrant dans ses bras.
- Eh, je reviendrai ! dit-il en souriant pour la réconforter. Si tu crois que ces gros lourdauds peuvent m'attraper si facilement...
- Merci, dis-tu simplement en lui serrant la main.
- Tu es un gars bien, Tamanoir, veilles sur elle pour moi, d'accord ?
- Ne t'en fais-pas, fais gaffe à toi !
- Ah, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi... dit-il en décochant un clin d'oil avant de courir sur la place et d'escalader une maison avec une agilité hors pair, puis de disparaître sur son toit.
Jaheira et toi restez dans l'ombre, pas très loin de la grande porte de la ville. Tu soulèves ta veste et tu t'empares d'un pistolet que tu gardes toujours en secours dans ton dos, dissimulé dans un holster attaché à ta poitrine. Ta jambe droite continue à te faire souffrir, la douleur est difficile à supporter, mais tu serres les dents et tu essaies de ne pas inquiéter davantage Jaheira qui semble très préoccupée par le sort de Jan, tu devines qu'une solide amitié doit les unir. A ce moment tu entends des bruits de sabots sur les pavés de la place, c'est toute une troupe de chevaliers armés de lances énergétiques qui se regroupent devant la porte de la ville.
- Vous avez entendu ce qu'a dit la reine ? demande un officier aux cheveux blonds coiffés d'un casque de soldat. Il faut capturer la fille vivante !
- Et les deux autres ? lui demande un chevalier.
- Nous leur ferons payer ce qu'ils ont fait aux nôtres !
Tout à coup une volée de lames s'abat sur les chevaliers, en tuant un sur le coup et en blessant deux autres. Les chevaliers lèvent leur bouclier pour se protéger tandis qu'une silhouette saute de toit en toit jusqu'à atteindre le sommet du mur d'enceinte de la ville.
- Là-haut ! crie l'officier.
Les chevaliers ouvrent le feu sur Jan et celui-ci se jète du sommet du mur en direction des faubourgs de la ville. Toute la troupe le prend en chasse et franchit la grande porte au galop, vous laissant ainsi la voie libre.
- J'espère qu'il s'en sortira... dit Jaheira avec inquiétude en t'aidant à te relever.
- Ne t'en fais pas, Jan a l'air d'être quelqu'un de très rapide et d'agile, je suis persuadé qu'il les sèmera. Allons-y maintenant, il ne faut pas traîner ici, fais-tu remarquer en avançant péniblement en direction de la grande porte avec l'aide de Jaheira.
Vous avez parcouru péniblement quelques centaines de mètres pour vous enfoncer au cour des faubourgs de la ville. Vous êtes épuisés, aussi vous vous appuyez le long d'un mur pour reprendre votre souffle. Jaheira regarde avec insistance en direction du nord de la Porte du Couchant, précisément là où Jan a disparu poursuivi par les chevaliers.
- Je suis désolée... dit-elle en posant son regard sur ta jambe meurtrie. Nous ne sommes plus très loin du point de rencontre, Tamanoir. Est-ce que tu pourras encore tenir jusque là ?
- Oui, je vais essayer.
- Bien, là-bas nous aurons de quoi te soigner.
Il est déjà midi passé et la plupart des habitants de ce quartier pauvre sont rentrés chez eux, mis à part un chat de gouttière poursuivant un rat de la taille d'un pied, la ruelle sombre dans laquelle vous vous trouvez est pratiquement déserte. Ta jambe est en feu et poser ton pied à terre revient à une véritable torture, pour avancer tu en es réduit à marcher avec ta jambe gauche tout en prenant appui sur Jaheira.
- Est-ce que tu te sens la force de continuer ? demande-t-elle.
- Ca ira, je crois...
- Excuse-moi de te pousser ainsi à avancer, mais nous ne serons pas en sécurité tant que nous n'aurons pas rejoint les autres.
- Je comprends, mais j'espère que nous sommes bientôt arrivés...
- Ne t'en fais-pas, dit-elle en t'adressant un sourire réconfortant, une fois arrivés je te promets que nous prendrons bien soins de toi. Allez, fait-elle en glissant son bras gauche autour de ton dos tandis que tu t' appuies sur son épaule droite.
Afin de ne pas vous faire remarquer, vous empruntez une série de ruelles toujours aussi sombres et désertiques dans une marche qui te paraît des plus interminables, puis vous arrivez enfin en vue d'une vieille grange qui semble abandonnée. Tu devines la présence de chevaux dissimulés derrière des bottes de paille à l'intérieur de la grange, à vue d'oil tu en dénombres une bonne douzaine. Vous poussez la grande porte en bois vermoulue et vous pénétrez à l'intérieur de la grange, où seuls quelques trous et brèches dans le toit apportent un peu de lumière dans la vieille battisse poussiéreuse et malodorante. Vous avez à peine le temps de faire quelques pas que tu entends la porte se refermer rapidement derrière vous, deux hommes en noirs prenant place devant elle. Un homme cagoulé de grande taille s'avance vers vous depuis le fond de la grange et te regarde avec suspicion :
- Que nous as-tu ramené là, Jaheira ? demande-t-il sur un ton sévère.
- Il s'appelle Tamanoir, il nous a prévenus d'une embuscade tendue par les gardes. Il est également recherché par les soldats...
- Vraiment ?
- Oui, je t'assure que nous pouvons lui faire confiance. Il a risqué sa vie pour sauver la mienne, c'est d'ailleurs comme ça qu'il s'est blessé à la jambe.
- Et les quatre autres, où sont-ils ?
- Laro, Khalil et Nosh sont morts.
- Et Jan, est-il...? demande inquiète une jeune femme brune se trouvant près d'un des piliers en bois soutenant la grange.
- Je l'ignore, ils nous a quitté pour faire diversion et nous permettre de fuir. Il était poursuivi par une troupe de chevaliers, j'espère qu'il a réussi à leur échapper...
- Tu as pris de gros risques en amenant cet homme jusqu'ici, intervient l' homme cagoulé, j'espère que tu en as conscience ?
- Oui, je le sais très bien, mais je ne pouvais faire autrement. Qu' aurais-je dû faire ? L'abandonner en le laissant à la merci des gardes ?
- En tout cas Jan serait là en ce moment, si ça se trouve il est déjà mort et tout ça par sa faute ! crie la jeune femme brune en te montrant du doigt.
- Du calme, du calme... dis-tu en essayant d'apaiser les tensions. Jan est quelqu'un de courageux et de déterminé, il a pris seul cette décision et je crois que rien n'aurait pu l'en dissuader.
- Lahara, tu connais aussi bien Jan que moi, dit Jaheira, c'est quelqu'un d' impulsif mais il n'agit jamais sans raison. Maintenant si vous permettez, j' aimerais soigner mon ami, dit-elle en t'aidant à t'allonger sur la paille se trouvant près des chevaux.
- Vu l'agitation qu'il y a eu en ville, je suppose que tu as réussi ta mission ? lui demande l'homme cagoulé.
- A moitié seulement, le roi d'Ijvawss est mort et j'ai grièvement blessé celui de Calmka, avec le poison contenu dans la flèche il n'en a plus pour longtemps à vivre. J'allais en finir avec celui de Nyt, mais j'en ai été empêchée par les mages de combat royaux qui ont réussi à forcer mes barrières et à pénétrer dans la salle de bal.
- Et ce salaud d'Ahzuwd ? demande un autre homme en noir tout proche de toi.
- J'ignore où il était.
- Et bien moi je ne l'ai pas raté ! fais-tu remarquer avec ironie.
- Comment !? demande l'homme cagoulé.
- Lui et moi avons un différent à régler, expliques-tu, il a essayé de me piéger et a appelé les gardes à la rescousse. Mais j'ai quand même eu le temps de le blesser avant de m'échapper sous les tirs des gardes.
Heureusement Jaheira a fait une diversion qui s'est révélée bien utile, au moins ils n'auront plus à faire le mur pour sortir du château...
- Tiens-toi tranquille, dit Jaheira en souriant alors qu'elle sort une panoplie de fioles et d'ustensiles contenus dans une mallette.
- Bravo, mon gars ! te félicite l'homme en noir se trouvant à côté de toi.
Ce pourri ne perd rien pour attendre, nous ferons payer à lui et à ses petits copains tout ce qu'ils nous ont fait !
- Ils regretteront de ne pas être morts cette nuit lorsqu'ils verront ce que nous leur réservons... dit l'homme cagoulé en guise de sentence.
Jaheira relève ton pantalon le long de ta jambe droite et l'examine avec moult précautions, puis elle passe doucement une sorte de mini-scanner portatif le long de ton fémur et de ton tibias. Après s'être arrêtée sur un point précis, elle éteint l'appareil et le range à sa place.
- C'est une fracture nette, confirme-t-elle, il va falloir que nous remettions l'os en place. Minsc, demande-t-elle à l'homme en noir qui te fait face, remplace-moi pendant que je lui administre un tranquillisant.
Elle lui indique l'endroit exact où se trouve la fracture, puis te fait une injection dans l'aorte grâce à un pistolet hypodermique. Elle attend ensuite quelques secondes et te glisse un bâtonnet dans la mâchoire.
- Ca risque de faire un peu mal, Tamanoir, dit-elle en posant sa main fraîche sur ton front. C'est à toi que revient de donner le signal...
Tu as pris la bonne décision, Tamanoir, bienvenue parmi nous ! fait Minsc en te serrant la main. Ahzuwd n'a qu'à bien se tenir !
- Oui, réponds-tu, je serais vraiment heureux de pouvoir faire équipe avec vous !
- Bien, fait Jaheira, nous allons te préparer un cheval. Nous essaierons de ne pas aller trop vite pour éviter de te fatiguer...
Tu remarques que l'homme cagoulé et plusieurs de ses hommes sont déjà montés à cheval et s'apprêtent à quitter la grange. Il se retourne et dit à votre attention :
- Le crépuscule est proche, nous partons en reconnaissance pour voir si les routes sont dégagées, je vous enverrai Varek pour vous faire signe de nous rejoindre.
- Attends ! s'exclame Jaheira. Je dois te parler de quelque chose d' important qui s'est passé au château, ça concerne...
- Plus tard, nous aurons tout le temps d'en parler en cours de route, l' interrompe-t-il alors qu'on referme derrière eux la porte en bois de la grange.
Vous les entendez s'éloigner au galop à travers les ruelles des faubourgs. La vieille battisse ne compte désormais plus qu'une poignée d'occupants qui rangent leurs affaires en prévision du départ imminent, pendant ce temps Jaheira et Minsc t'aménagent une selle afin de la rendre un peu plus confortable, ainsi tu te sentiras plus à l'aise lorsque tu auras à chevaucher avec eux dans les montagnes de Calmka. Tu remarques que Lahara reste dans son coin, le regard dans le vide comme si son esprit était ailleurs, probablement auprès de Jan qui malgré son agilité a dû tomber entre les mains des chevaliers royaux. Tu songes au triste sort qui l'attend : emprisonnement, torture, jugement puis exécution, rien de très réjouissant... En tout cas tu as bien failli subir le même sort, sans ce coup de pouce de la chance qu'a été l'intervention de Jaheira tu aurais vraisemblablement été fait prisonnier par les soldats, à l'heure actuelle tu serais en train de croupir dans une geôle du château royal.
Un bruit de sabots vient troubler ta réflexion, si tu en crois ton ouïe, au moins deux chevaux s'approchent rapidement de la grange. Ca ne peut être Varek car il devait venir seul, alors qui est-ce ? Les autres ont déjà réagi en prenant position de chaque côté de la porte et en se cachant dans l'ombre de la grange, prêts à faire usage de leurs armes au cas où il s'agirait de visiteurs indésirables. Jaheira te rejoint et t'entraîne à l'écart en te faisant signe de ne faire aucun bruit. Tu entends au moins deux personnes descendre de cheval, ils s'avancent pour pousser la porte et ils pénètrent à l'intérieur de la grange. Apparemment il s'agit de deux hommes, tu les discernes mal dans la semi-obscurité qui règne en ce lieu, mais pourtant leurs silhouettes ne te sont pas étrangères. L'un des inconnus pose sa main sur la garde de son épée, prêt à la dégainer au moindre bruit ou mouvement suspect. La porte claque derrière eux en se refermant, en un battement de paupière il se retrouve plaqué au sol, un coutelas prêt à lui trancher la gorge...
- Non, arrête ! s'interpose l'autre homme.
- Jan, c'est Jan ! crie de joie Lahara en se jetant à son cou.
- Lahara... dit-il avant de l'embrasser.
- J'étais sûre que tu étais vivant, que tu réussirais à t'en sortir !
- A vrai dire je me suis fait capturer, ils me sont tombés dessus à plusieurs et ils ont réussi à me faire prisonnier, sans son aide je serais déjà en route pour les geôles du château...
L'homme maintenu au sol relève péniblement la tête tandis que Jaheira et toi vous dirigez vers Jan et Lahara.
- Bravo, Jan ! fais-tu. Nous nous faisions tous du souci pour toi.
- Content que vous ayez pu vous en tirer tous les deux ! Je vois qu'ils t' ont arrangé ta jambe, Tamanoir ?
- Oui, Jaheira a fait des miracles...
Tu remarques que celle-ci s'approche de l'inconnu, elle paraît visiblement troublée lorsque à la lueur d'un dernier rayon de soleil, elle se rend compte de son identité. Elle fait signe à l'homme en noir qui le plaque au sol de le relâcher, puis elle s'avance pour l'aider à se relever. Leurs regards se croisent en un moment d'éternité... Maintenant tu te rappelles où tu l'as vu, ce jeune homme aux cheveux blancs était assis parmi les invités présents au tour de magie qui a été donné au château, il se trouvait à côté d'une femme habillée d'une robe de bal pourpre et non loin du roi d'Ahzuwd. Serait-ce un noble ? Dans ce cas que fait-il ici et pourquoi aurait-il relâché Jan ? Toute cette histoire ne te paraît pas bien nette...
- Dolin, dit Jaheira alors que ses yeux se mettent à briller sous l'émotion, je croyais... comment es-tu ? Oh... fait-elle en baissant la tête comme si le simple fait de voir son visage lui devenait une souffrance insupportable.
- Jaheira, dis-il en posant ses mains sur ses épaules, je suis venu pour te voir, pour te parler...
- Cela fait si longtemps que je te cherche, dit-elle en se laissant glisser entre ses bras et en l'étreignant avec affection, je croyais t'avoir perdu pour toujours, que nos chemins s'étaient séparés lors de cette journée d' automne et que plus jamais je ne te reverrai ! Je pensais qu'ils t'avaient tué ou vendu à un marchand d'esclaves, que tu allais finir ta vie à creuser dans la roche au fond d'une mine...
- Je suis là et bien vivant, dit-il en lui caressant les cheveux pour la réconforter, j'ai presque tout oublié de mon passé et je compte sur toi pour me le rappeler.
- Oui bien sûr, alors viens avec nous, ta vraie place se trouve parmi les tiens.
- Jaheira, j'ai besoin de toi pour aider quelqu'un, tu es la seule à pouvoir le sauver...
- De qui s'agit-il ?
Ainsi donc ils se connaissent... Mais comment un des leurs ferait-il partie des seigneurs de Magel alors qu'ils les détestent au point de vouloir les assassiner ? Tu te demandes en fait s'il ne s'agit pas plutôt d'un piège destiné à les infiltrer pour les capturer, pour te capturer... Quoi qu'il en soit il te tarde que l'éclaireur vienne vous donner le signal du départ, rester dans ce lieu si proche de la ville te rend nerveux. Tu réfléchis à la façon dont tu pourrais faire part de tes doutes à Jaheira sans éveiller les soupçons de ce vieil ami sorti de son passé...
- Jaheira, je vais être franc, lui dit Dolin, j'ai besoin de l'antidote pour sauver le roi de Calmka.
- Comment ?! s'exclame-t-elle en le regardant avec surprise.
- Tu as bien entendu, ta flèche ne l'a pas tué mais le poison dont tu l' avais enduite le conduira à une mort certaine. Je ne peux accepter cela, s' il te reste un peu d'amitié pour moi alors dis-moi quel poison tu as employé et comment préparer l'antidote.
- Laisse-moi lui régler son compte ! demande Minsc qui s'approche de lui de manière menaçante.
- Attends, Minsc ! lui fait Jaheira. Cela ne regarde que lui et moi... dit-elle en lui faisant signe de retourner parmi les autres. Ainsi tu as choisis ton camp, tu préfères servir ceux qui ont massacré ton peuple, tes amis, ta famille...
- Ils ne sont pas tous responsables de cela, les souverains de Calmka sont honnêtes et dignes de confiance, ils n'auraient jamais...
- Ils n'auraient jamais quoi ? Sache qu'ils ont envoyé leurs troupes pour nous combattre, comme ceux d'Ahzuwd, d'Ijvawss et de Nyt, sans compter ce lâche de roi de Loum qui s'est contenté d'envoyer des mercenaires. Les mages de combat royaux de Calmka ont vaincu plusieurs de nos meilleurs soldats en moins d'une journée, les troupes royales ont ensuite repoussé les blessés, les femmes, les enfants et les vieillards le long des côtes, les obligeant à se jeter à la mer pour sauver leur vie. Beaucoup étaient trop faibles pour nager dans cette eau glaciale et ils ont fini noyés, leur corps inerte flottant à la surface de l'eau. Cette image restera à jamais gravée dans mon esprit...
- Nous n'avons pas le droit de faire justice nous-même, Jaheira.
- Justice ?! Il ne s'agit plus de faire justice, Dolin, mais de nous venger, de venger notre peuple de tout le mal qu'ils lui ont fait ! Est-ce que tu comprends ça !?
- Non, malgré que je sois des vôtres, je ne vous suivrai pas dans cette guerre.
- Et bien soit, retourne bien sagement auprès d'eux et de ton amie magicienne...
- Elle s'appelle Séléna et je te déconseille de tenter quoi que ce soit contre elle ou je jure qu'il t'en cuira !
- Tu me menaces maintenant ? Tu as bien changé, Dolin, je ne te reconnais plus... dit-elle en baissant la tête avant de sortir de sa poche un petit collier en coquillages. Les fleurs de la Sephira poussent le long des côtes où nous nous amusions ensemble étant enfants, retrouve cet endroit et tu trouveras la plante, ses racines sont l'antidote que tu recherches...
- Mais comment retrouverai-je cet endroit ? Je ne me souviens que de très peu de choses et la Voie Côtière est immense !
- Ne comptes pas sur moi pour t'aider davantage, de ta mémoire dépend la vie de ton cher roi... Et maintenant pars, Dolin, visiblement nous avons tous les deux changé et nous n'avons plus rien d'autre à nous dire. Mais souviens-toi d'une chose, c'est que la prochaine fois que nous nous
croiserons ce sera en ennemis et je te traiterai en tant que tel. Je suppose qu'il devait en être ainsi...
Apparemment les choses ont l'air d'avoir mal tourné entre eux, en fait ça ne t'étonne pas tellement...
- Vous, te dit Dolin en te désignant du menton. Vous parliez avec le roi d' Ahzuwd avant qu'il se fasse tirer dessus, n'est-ce pas ? Pourquoi avez-vous essayé de le tuer ? Pour qui travaillez-vous réellement ?
Tu n'as pas le temps de lui répondre car à ce moment là vous entendez un cheval arriver au galop et s'arrêter à quelques mètres de là, la porte s' ouvre rapidement et un homme en noir fait irruption dans la grange.
- Varek ? lui demande Jaheira.
- Nous devons partir tout de suite, la route sud est dégagée mais les chevaliers d'Armand se dirigent rapidement par ici !
- Comment ont-ils bien pu nous trouver ? demande Minsc. Je suis sûr que c' est lui qui les a prévenus ! s'exclame-t-il en désignant Dolin d'un doigt vengeur.
- Impossible, dit Jan, je ne l'ai pas quitté des yeux durant tout le trajet.
- Du calme, intervient Jaheira, montez tous à cheval, nous partonsimmédiatement !
Ils font sortir leurs chevaux de la grange et commencent à partir par groupes de deux, il ne reste bientôt plus que Dolin, Jaheira et toi dans la grange. Vous montez tous les deux à votre tour à cheval et vous dirigez au pas vers l'extérieur, c'est alors que Jaheira se retourne vers Dolin et lui lance quelque chose qu'il attrape au vol.
- Adieu, Dolin ! dit-elle avant de s'élancer avec toi à la suite des autres.
Le jour se lève sur la Voie Côtière et de nouveaux transports accostent sur la plage en déversant leurs flots de soldats et de machines de guerre sophistiquées. Comme le Peuple de la Mer a toujours refusé d'avoir recours aux nouvelles technologies, tu te demandes comment ils ont pu se procurer ces armes modernes et dévastatrices.
- Mais que se passe-t-il ici ? demandes-tu à Jaheira. D'où sortent tous ces soldats ?
- C'est la grande armée du Peuple de la Mer, Tamanoir...
- Les meilleurs soldats de toutes nos tribus ! ajoute Minsc.
- Nous avons longtemps attendu ce moment, reprend Jaheira. Il est vrai que nous avons eu beaucoup de difficultés pour nous relever après notre défaite contre la coalition royale, mais en dix ans nous avons eu tout le temps de réfléchir et de mettre au point cette offensive.
- Le jour de la vengeance est proche, déclare amèrement Minsc, ils vont apprendre à leur tour ce que c'est que de voir mourir leurs proches et leurs amis dans leurs bras !
- Vous avez beaucoup souffert par le passé et je comprends que vouliez vous venger, mais avez-vous pensé aux conséquences ? Vous ne voyez-pas que nous allons tout droit vers un massacre ?
- Le rapport de forces a changé, te dit Jaheira, nos ennemis s'étaient unis contre nous pour nous exterminer, aujourd'hui ils sont désunis et vulnérables. Notre objectif n'est pas de commettre un massacre mais de leur faire prendre conscience de leurs erreurs passées, nous allons nous emparer de plusieurs royaumes et ensuite nous les obligerons à nous céder des terres où nous pourrons enfin nous installer et vivre en paix.
- Je vois... Je n'ai de toute façon que peu de chances de vous en dissuader, n'est-ce pas ?
- C'est exact, te répond Jaheira.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?
- Tu as accepté de nous rejoindre, c'est vrai, mais si je t'avais fait part de nos plans et que les soldats t'avaient capturé, toute la campagne aurait pu être compromise... Maintenant tu peux décider de participer avec nous à cette guerre contre les tyrans, en particulier contre le roi d'Ahzuwd avec qui tu as également un compte à régler, ou tu peux choisir de rester ici jusqu'à ce que nous ayons lancé la première vague d'offensive, tu pourras ensuite nous quitter si tu le désires.
Tu t'agrippes de justesse à un lampadaire pour ralentir ta chute, mais tu finis tout de même par retomber lourdement sur le sol pavé de la place. Ta jambe droite te fait affreusement mal, tu sens qu'elle doit être cassée, la douleur te lance et se diffuse à travers ton corps. Les deux mages se rapprochent de toi et sourient en abaissant leurs bras dans ta direction, des flammèches commençant à courir le long de leurs doigts. Tu cherches ton arme mais tu ne la retrouves pas, cette fois-ci tu te dis que tout est fini.
C'est alors que tu entends filer une lame dans l'air, elle vient se ficher dans le dos de l'un des mages qui essaie pathétiquement de la retirer avant de s'écrouler sans un bruit. Tu te retournes et tu vois Jan te faire signe en souriant. Le dernier mage a l'air furieux, il exécute une série de passes magiques et ses mains s'auréolent d'une lueur bleutée, il les tend ensuite en direction de Jan et des éclairs s'échappent de ses doigts pour venir le frapper. Mais celui-ci est très agile et rapide, il effectue un enchaînement de sauts arrières et les éclairs entrent en contact avec le sol, faisant voler en éclats les pavés de la place. Apparemment le mage a décidé de s' attaquer à une cible plus facile et se retourne vers toi :
- Tu vas payer pour tes amis, crois-moi, tu vas apprendre ce qu'il en coûte de nous défier.
- Crève, ordure ! s'exclame une femme.
- Comment !?
Le mage pivote sur lui-même et tu vois Jaheira lui enfoncer une dague au plus profond des entrailles, le mage crie de douleur et tente de s'accrocher à elle, mais Jaheira le repousse et l'envoie à terre.
- C'est à votre tour de souffrire. déclare-t-elle en lui laçant un dernier regard dans lequel tu peux lire le dégoût et le dédain.
Jaheira se rapproche de toi et vient t'examiner de plus prêt :
- Je suis sincèrement désolée, Tamanoir, pour. tout ça.
- J'étais venu te secourir et finalement c'est toi qui me sauve la vie, comme le destin est étrange.
- Détrompe-toi, sans ton aide je serais probablement morte à l'heure actuelle, tu es un sacré bon tireur, tu sais ? Est-ce que tu peux te lever ? demande-t-elle inquiète.
Tu essaies de prendre appui sur ta jambe gauche, mais tu n'y parviens pas et tu retombes en laissant échapper un cri de douleur. A ce moment Jan vous rejoint et te regarde d'un air préoccupé :
- Il doit avoir la jambe cassée, je vais l'aider, dit-il en te prenant par l 'épaule et en te relevant doucement.
- Et les autres ? lui demande Jaheira.
- Morts, tous les trois. Maintenant venez, il faut qu'on décampe d'ici avant que les renforts n'arrivent !
- Mais pour aller où ? Avec ma jambe dans cet état je n'irai pas bien loin.
- Nos amis nous attendent en dehors des limites de la ville, t'informe Jaheira, mais il va falloir que nous évitions les patrouilles. L'un d'entre vous a-t-il une idée ?
Jaheira t'écoute attentivement et finit par acquiescer :
- Je crois que Tamanoir a raison, nous devons faire une diversion suffisamment loin pour nous laisser le temps de sortir de la ville et de rejoindre les autres.
- Est-ce que tu crois que tu as encore suffisamment d'énergie pour lancer une attaque, lui demande Jan.
- J'ai bien peur que non, répond-elle en détournant la tête, j'ai dépensé énormément d'énergie avec le rituel de foudre, nous allons devoir trouver une autre solution...
- Je suis donc le seul à pouvoir m'en charger, déclare Jan. Reste cachée avec Tamanoir et filez dès que les troupes seront parties à ma poursuite, je vais essayer de les attirer vers l'extérieur de la ville.
Jaheira a l'air de désapprouver ce plan mais, sachant bien qu'il n'y a pas d'autre solution, elle finit par hocher de la tête à contrecoeur :
- C'est d'accord, fais bien attention à toi, Jan... dit-elle en le serrant dans ses bras.
- Eh, je reviendrai ! dit-il en souriant pour la réconforter. Si tu crois que ces gros lourdauds peuvent m'attraper si facilement...
- Merci, dis-tu simplement en lui serrant la main.
- Tu es un gars bien, Tamanoir, veilles sur elle pour moi, d'accord ?
- Ne t'en fais-pas, fais gaffe à toi !
- Ah, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi... dit-il en décochant un clin d'oil avant de courir sur la place et d'escalader une maison avec une agilité hors pair, puis de disparaître sur son toit.
Jaheira et toi restez dans l'ombre, pas très loin de la grande porte de la ville. Tu soulèves ta veste et tu t'empares d'un pistolet que tu gardes toujours en secours dans ton dos, dissimulé dans un holster attaché à ta poitrine. Ta jambe droite continue à te faire souffrir, la douleur est difficile à supporter, mais tu serres les dents et tu essaies de ne pas inquiéter davantage Jaheira qui semble très préoccupée par le sort de Jan, tu devines qu'une solide amitié doit les unir. A ce moment tu entends des bruits de sabots sur les pavés de la place, c'est toute une troupe de chevaliers armés de lances énergétiques qui se regroupent devant la porte de la ville.
- Vous avez entendu ce qu'a dit la reine ? demande un officier aux cheveux blonds coiffés d'un casque de soldat. Il faut capturer la fille vivante !
- Et les deux autres ? lui demande un chevalier.
- Nous leur ferons payer ce qu'ils ont fait aux nôtres !
Tout à coup une volée de lames s'abat sur les chevaliers, en tuant un sur le coup et en blessant deux autres. Les chevaliers lèvent leur bouclier pour se protéger tandis qu'une silhouette saute de toit en toit jusqu'à atteindre le sommet du mur d'enceinte de la ville.
- Là-haut ! crie l'officier.
Les chevaliers ouvrent le feu sur Jan et celui-ci se jète du sommet du mur en direction des faubourgs de la ville. Toute la troupe le prend en chasse et franchit la grande porte au galop, vous laissant ainsi la voie libre.
- J'espère qu'il s'en sortira... dit Jaheira avec inquiétude en t'aidant à te relever.
- Ne t'en fais pas, Jan a l'air d'être quelqu'un de très rapide et d'agile, je suis persuadé qu'il les sèmera. Allons-y maintenant, il ne faut pas traîner ici, fais-tu remarquer en avançant péniblement en direction de la grande porte avec l'aide de Jaheira.
Vous avez parcouru péniblement quelques centaines de mètres pour vous enfoncer au cour des faubourgs de la ville. Vous êtes épuisés, aussi vous vous appuyez le long d'un mur pour reprendre votre souffle. Jaheira regarde avec insistance en direction du nord de la Porte du Couchant, précisément là où Jan a disparu poursuivi par les chevaliers.
- Je suis désolée... dit-elle en posant son regard sur ta jambe meurtrie. Nous ne sommes plus très loin du point de rencontre, Tamanoir. Est-ce que tu pourras encore tenir jusque là ?
- Oui, je vais essayer.
- Bien, là-bas nous aurons de quoi te soigner.
Il est déjà midi passé et la plupart des habitants de ce quartier pauvre sont rentrés chez eux, mis à part un chat de gouttière poursuivant un rat de la taille d'un pied, la ruelle sombre dans laquelle vous vous trouvez est pratiquement déserte. Ta jambe est en feu et poser ton pied à terre revient à une véritable torture, pour avancer tu en es réduit à marcher avec ta jambe gauche tout en prenant appui sur Jaheira.
- Est-ce que tu te sens la force de continuer ? demande-t-elle.
- Ca ira, je crois...
- Excuse-moi de te pousser ainsi à avancer, mais nous ne serons pas en sécurité tant que nous n'aurons pas rejoint les autres.
- Je comprends, mais j'espère que nous sommes bientôt arrivés...
- Ne t'en fais-pas, dit-elle en t'adressant un sourire réconfortant, une fois arrivés je te promets que nous prendrons bien soins de toi. Allez, fait-elle en glissant son bras gauche autour de ton dos tandis que tu t' appuies sur son épaule droite.
Afin de ne pas vous faire remarquer, vous empruntez une série de ruelles toujours aussi sombres et désertiques dans une marche qui te paraît des plus interminables, puis vous arrivez enfin en vue d'une vieille grange qui semble abandonnée. Tu devines la présence de chevaux dissimulés derrière des bottes de paille à l'intérieur de la grange, à vue d'oil tu en dénombres une bonne douzaine. Vous poussez la grande porte en bois vermoulue et vous pénétrez à l'intérieur de la grange, où seuls quelques trous et brèches dans le toit apportent un peu de lumière dans la vieille battisse poussiéreuse et malodorante. Vous avez à peine le temps de faire quelques pas que tu entends la porte se refermer rapidement derrière vous, deux hommes en noirs prenant place devant elle. Un homme cagoulé de grande taille s'avance vers vous depuis le fond de la grange et te regarde avec suspicion :
- Que nous as-tu ramené là, Jaheira ? demande-t-il sur un ton sévère.
- Il s'appelle Tamanoir, il nous a prévenus d'une embuscade tendue par les gardes. Il est également recherché par les soldats...
- Vraiment ?
- Oui, je t'assure que nous pouvons lui faire confiance. Il a risqué sa vie pour sauver la mienne, c'est d'ailleurs comme ça qu'il s'est blessé à la jambe.
- Et les quatre autres, où sont-ils ?
- Laro, Khalil et Nosh sont morts.
- Et Jan, est-il...? demande inquiète une jeune femme brune se trouvant près d'un des piliers en bois soutenant la grange.
- Je l'ignore, ils nous a quitté pour faire diversion et nous permettre de fuir. Il était poursuivi par une troupe de chevaliers, j'espère qu'il a réussi à leur échapper...
- Tu as pris de gros risques en amenant cet homme jusqu'ici, intervient l' homme cagoulé, j'espère que tu en as conscience ?
- Oui, je le sais très bien, mais je ne pouvais faire autrement. Qu' aurais-je dû faire ? L'abandonner en le laissant à la merci des gardes ?
- En tout cas Jan serait là en ce moment, si ça se trouve il est déjà mort et tout ça par sa faute ! crie la jeune femme brune en te montrant du doigt.
- Du calme, du calme... dis-tu en essayant d'apaiser les tensions. Jan est quelqu'un de courageux et de déterminé, il a pris seul cette décision et je crois que rien n'aurait pu l'en dissuader.
- Lahara, tu connais aussi bien Jan que moi, dit Jaheira, c'est quelqu'un d' impulsif mais il n'agit jamais sans raison. Maintenant si vous permettez, j' aimerais soigner mon ami, dit-elle en t'aidant à t'allonger sur la paille se trouvant près des chevaux.
- Vu l'agitation qu'il y a eu en ville, je suppose que tu as réussi ta mission ? lui demande l'homme cagoulé.
- A moitié seulement, le roi d'Ijvawss est mort et j'ai grièvement blessé celui de Calmka, avec le poison contenu dans la flèche il n'en a plus pour longtemps à vivre. J'allais en finir avec celui de Nyt, mais j'en ai été empêchée par les mages de combat royaux qui ont réussi à forcer mes barrières et à pénétrer dans la salle de bal.
- Et ce salaud d'Ahzuwd ? demande un autre homme en noir tout proche de toi.
- J'ignore où il était.
- Et bien moi je ne l'ai pas raté ! fais-tu remarquer avec ironie.
- Comment !? demande l'homme cagoulé.
- Lui et moi avons un différent à régler, expliques-tu, il a essayé de me piéger et a appelé les gardes à la rescousse. Mais j'ai quand même eu le temps de le blesser avant de m'échapper sous les tirs des gardes.
Heureusement Jaheira a fait une diversion qui s'est révélée bien utile, au moins ils n'auront plus à faire le mur pour sortir du château...
- Tiens-toi tranquille, dit Jaheira en souriant alors qu'elle sort une panoplie de fioles et d'ustensiles contenus dans une mallette.
- Bravo, mon gars ! te félicite l'homme en noir se trouvant à côté de toi.
Ce pourri ne perd rien pour attendre, nous ferons payer à lui et à ses petits copains tout ce qu'ils nous ont fait !
- Ils regretteront de ne pas être morts cette nuit lorsqu'ils verront ce que nous leur réservons... dit l'homme cagoulé en guise de sentence.
Jaheira relève ton pantalon le long de ta jambe droite et l'examine avec moult précautions, puis elle passe doucement une sorte de mini-scanner portatif le long de ton fémur et de ton tibias. Après s'être arrêtée sur un point précis, elle éteint l'appareil et le range à sa place.
- C'est une fracture nette, confirme-t-elle, il va falloir que nous remettions l'os en place. Minsc, demande-t-elle à l'homme en noir qui te fait face, remplace-moi pendant que je lui administre un tranquillisant.
Elle lui indique l'endroit exact où se trouve la fracture, puis te fait une injection dans l'aorte grâce à un pistolet hypodermique. Elle attend ensuite quelques secondes et te glisse un bâtonnet dans la mâchoire.
- Ca risque de faire un peu mal, Tamanoir, dit-elle en posant sa main fraîche sur ton front. C'est à toi que revient de donner le signal...
Tu as pris la bonne décision, Tamanoir, bienvenue parmi nous ! fait Minsc en te serrant la main. Ahzuwd n'a qu'à bien se tenir !
- Oui, réponds-tu, je serais vraiment heureux de pouvoir faire équipe avec vous !
- Bien, fait Jaheira, nous allons te préparer un cheval. Nous essaierons de ne pas aller trop vite pour éviter de te fatiguer...
Tu remarques que l'homme cagoulé et plusieurs de ses hommes sont déjà montés à cheval et s'apprêtent à quitter la grange. Il se retourne et dit à votre attention :
- Le crépuscule est proche, nous partons en reconnaissance pour voir si les routes sont dégagées, je vous enverrai Varek pour vous faire signe de nous rejoindre.
- Attends ! s'exclame Jaheira. Je dois te parler de quelque chose d' important qui s'est passé au château, ça concerne...
- Plus tard, nous aurons tout le temps d'en parler en cours de route, l' interrompe-t-il alors qu'on referme derrière eux la porte en bois de la grange.
Vous les entendez s'éloigner au galop à travers les ruelles des faubourgs. La vieille battisse ne compte désormais plus qu'une poignée d'occupants qui rangent leurs affaires en prévision du départ imminent, pendant ce temps Jaheira et Minsc t'aménagent une selle afin de la rendre un peu plus confortable, ainsi tu te sentiras plus à l'aise lorsque tu auras à chevaucher avec eux dans les montagnes de Calmka. Tu remarques que Lahara reste dans son coin, le regard dans le vide comme si son esprit était ailleurs, probablement auprès de Jan qui malgré son agilité a dû tomber entre les mains des chevaliers royaux. Tu songes au triste sort qui l'attend : emprisonnement, torture, jugement puis exécution, rien de très réjouissant... En tout cas tu as bien failli subir le même sort, sans ce coup de pouce de la chance qu'a été l'intervention de Jaheira tu aurais vraisemblablement été fait prisonnier par les soldats, à l'heure actuelle tu serais en train de croupir dans une geôle du château royal.
Un bruit de sabots vient troubler ta réflexion, si tu en crois ton ouïe, au moins deux chevaux s'approchent rapidement de la grange. Ca ne peut être Varek car il devait venir seul, alors qui est-ce ? Les autres ont déjà réagi en prenant position de chaque côté de la porte et en se cachant dans l'ombre de la grange, prêts à faire usage de leurs armes au cas où il s'agirait de visiteurs indésirables. Jaheira te rejoint et t'entraîne à l'écart en te faisant signe de ne faire aucun bruit. Tu entends au moins deux personnes descendre de cheval, ils s'avancent pour pousser la porte et ils pénètrent à l'intérieur de la grange. Apparemment il s'agit de deux hommes, tu les discernes mal dans la semi-obscurité qui règne en ce lieu, mais pourtant leurs silhouettes ne te sont pas étrangères. L'un des inconnus pose sa main sur la garde de son épée, prêt à la dégainer au moindre bruit ou mouvement suspect. La porte claque derrière eux en se refermant, en un battement de paupière il se retrouve plaqué au sol, un coutelas prêt à lui trancher la gorge...
- Non, arrête ! s'interpose l'autre homme.
- Jan, c'est Jan ! crie de joie Lahara en se jetant à son cou.
- Lahara... dit-il avant de l'embrasser.
- J'étais sûre que tu étais vivant, que tu réussirais à t'en sortir !
- A vrai dire je me suis fait capturer, ils me sont tombés dessus à plusieurs et ils ont réussi à me faire prisonnier, sans son aide je serais déjà en route pour les geôles du château...
L'homme maintenu au sol relève péniblement la tête tandis que Jaheira et toi vous dirigez vers Jan et Lahara.
- Bravo, Jan ! fais-tu. Nous nous faisions tous du souci pour toi.
- Content que vous ayez pu vous en tirer tous les deux ! Je vois qu'ils t' ont arrangé ta jambe, Tamanoir ?
- Oui, Jaheira a fait des miracles...
Tu remarques que celle-ci s'approche de l'inconnu, elle paraît visiblement troublée lorsque à la lueur d'un dernier rayon de soleil, elle se rend compte de son identité. Elle fait signe à l'homme en noir qui le plaque au sol de le relâcher, puis elle s'avance pour l'aider à se relever. Leurs regards se croisent en un moment d'éternité... Maintenant tu te rappelles où tu l'as vu, ce jeune homme aux cheveux blancs était assis parmi les invités présents au tour de magie qui a été donné au château, il se trouvait à côté d'une femme habillée d'une robe de bal pourpre et non loin du roi d'Ahzuwd. Serait-ce un noble ? Dans ce cas que fait-il ici et pourquoi aurait-il relâché Jan ? Toute cette histoire ne te paraît pas bien nette...
- Dolin, dit Jaheira alors que ses yeux se mettent à briller sous l'émotion, je croyais... comment es-tu ? Oh... fait-elle en baissant la tête comme si le simple fait de voir son visage lui devenait une souffrance insupportable.
- Jaheira, dis-il en posant ses mains sur ses épaules, je suis venu pour te voir, pour te parler...
- Cela fait si longtemps que je te cherche, dit-elle en se laissant glisser entre ses bras et en l'étreignant avec affection, je croyais t'avoir perdu pour toujours, que nos chemins s'étaient séparés lors de cette journée d' automne et que plus jamais je ne te reverrai ! Je pensais qu'ils t'avaient tué ou vendu à un marchand d'esclaves, que tu allais finir ta vie à creuser dans la roche au fond d'une mine...
- Je suis là et bien vivant, dit-il en lui caressant les cheveux pour la réconforter, j'ai presque tout oublié de mon passé et je compte sur toi pour me le rappeler.
- Oui bien sûr, alors viens avec nous, ta vraie place se trouve parmi les tiens.
- Jaheira, j'ai besoin de toi pour aider quelqu'un, tu es la seule à pouvoir le sauver...
- De qui s'agit-il ?
Ainsi donc ils se connaissent... Mais comment un des leurs ferait-il partie des seigneurs de Magel alors qu'ils les détestent au point de vouloir les assassiner ? Tu te demandes en fait s'il ne s'agit pas plutôt d'un piège destiné à les infiltrer pour les capturer, pour te capturer... Quoi qu'il en soit il te tarde que l'éclaireur vienne vous donner le signal du départ, rester dans ce lieu si proche de la ville te rend nerveux. Tu réfléchis à la façon dont tu pourrais faire part de tes doutes à Jaheira sans éveiller les soupçons de ce vieil ami sorti de son passé...
- Jaheira, je vais être franc, lui dit Dolin, j'ai besoin de l'antidote pour sauver le roi de Calmka.
- Comment ?! s'exclame-t-elle en le regardant avec surprise.
- Tu as bien entendu, ta flèche ne l'a pas tué mais le poison dont tu l' avais enduite le conduira à une mort certaine. Je ne peux accepter cela, s' il te reste un peu d'amitié pour moi alors dis-moi quel poison tu as employé et comment préparer l'antidote.
- Laisse-moi lui régler son compte ! demande Minsc qui s'approche de lui de manière menaçante.
- Attends, Minsc ! lui fait Jaheira. Cela ne regarde que lui et moi... dit-elle en lui faisant signe de retourner parmi les autres. Ainsi tu as choisis ton camp, tu préfères servir ceux qui ont massacré ton peuple, tes amis, ta famille...
- Ils ne sont pas tous responsables de cela, les souverains de Calmka sont honnêtes et dignes de confiance, ils n'auraient jamais...
- Ils n'auraient jamais quoi ? Sache qu'ils ont envoyé leurs troupes pour nous combattre, comme ceux d'Ahzuwd, d'Ijvawss et de Nyt, sans compter ce lâche de roi de Loum qui s'est contenté d'envoyer des mercenaires. Les mages de combat royaux de Calmka ont vaincu plusieurs de nos meilleurs soldats en moins d'une journée, les troupes royales ont ensuite repoussé les blessés, les femmes, les enfants et les vieillards le long des côtes, les obligeant à se jeter à la mer pour sauver leur vie. Beaucoup étaient trop faibles pour nager dans cette eau glaciale et ils ont fini noyés, leur corps inerte flottant à la surface de l'eau. Cette image restera à jamais gravée dans mon esprit...
- Nous n'avons pas le droit de faire justice nous-même, Jaheira.
- Justice ?! Il ne s'agit plus de faire justice, Dolin, mais de nous venger, de venger notre peuple de tout le mal qu'ils lui ont fait ! Est-ce que tu comprends ça !?
- Non, malgré que je sois des vôtres, je ne vous suivrai pas dans cette guerre.
- Et bien soit, retourne bien sagement auprès d'eux et de ton amie magicienne...
- Elle s'appelle Séléna et je te déconseille de tenter quoi que ce soit contre elle ou je jure qu'il t'en cuira !
- Tu me menaces maintenant ? Tu as bien changé, Dolin, je ne te reconnais plus... dit-elle en baissant la tête avant de sortir de sa poche un petit collier en coquillages. Les fleurs de la Sephira poussent le long des côtes où nous nous amusions ensemble étant enfants, retrouve cet endroit et tu trouveras la plante, ses racines sont l'antidote que tu recherches...
- Mais comment retrouverai-je cet endroit ? Je ne me souviens que de très peu de choses et la Voie Côtière est immense !
- Ne comptes pas sur moi pour t'aider davantage, de ta mémoire dépend la vie de ton cher roi... Et maintenant pars, Dolin, visiblement nous avons tous les deux changé et nous n'avons plus rien d'autre à nous dire. Mais souviens-toi d'une chose, c'est que la prochaine fois que nous nous
croiserons ce sera en ennemis et je te traiterai en tant que tel. Je suppose qu'il devait en être ainsi...
Apparemment les choses ont l'air d'avoir mal tourné entre eux, en fait ça ne t'étonne pas tellement...
- Vous, te dit Dolin en te désignant du menton. Vous parliez avec le roi d' Ahzuwd avant qu'il se fasse tirer dessus, n'est-ce pas ? Pourquoi avez-vous essayé de le tuer ? Pour qui travaillez-vous réellement ?
Tu n'as pas le temps de lui répondre car à ce moment là vous entendez un cheval arriver au galop et s'arrêter à quelques mètres de là, la porte s' ouvre rapidement et un homme en noir fait irruption dans la grange.
- Varek ? lui demande Jaheira.
- Nous devons partir tout de suite, la route sud est dégagée mais les chevaliers d'Armand se dirigent rapidement par ici !
- Comment ont-ils bien pu nous trouver ? demande Minsc. Je suis sûr que c' est lui qui les a prévenus ! s'exclame-t-il en désignant Dolin d'un doigt vengeur.
- Impossible, dit Jan, je ne l'ai pas quitté des yeux durant tout le trajet.
- Du calme, intervient Jaheira, montez tous à cheval, nous partonsimmédiatement !
Ils font sortir leurs chevaux de la grange et commencent à partir par groupes de deux, il ne reste bientôt plus que Dolin, Jaheira et toi dans la grange. Vous montez tous les deux à votre tour à cheval et vous dirigez au pas vers l'extérieur, c'est alors que Jaheira se retourne vers Dolin et lui lance quelque chose qu'il attrape au vol.
- Adieu, Dolin ! dit-elle avant de s'élancer avec toi à la suite des autres.
Le jour se lève sur la Voie Côtière et de nouveaux transports accostent sur la plage en déversant leurs flots de soldats et de machines de guerre sophistiquées. Comme le Peuple de la Mer a toujours refusé d'avoir recours aux nouvelles technologies, tu te demandes comment ils ont pu se procurer ces armes modernes et dévastatrices.
- Mais que se passe-t-il ici ? demandes-tu à Jaheira. D'où sortent tous ces soldats ?
- C'est la grande armée du Peuple de la Mer, Tamanoir...
- Les meilleurs soldats de toutes nos tribus ! ajoute Minsc.
- Nous avons longtemps attendu ce moment, reprend Jaheira. Il est vrai que nous avons eu beaucoup de difficultés pour nous relever après notre défaite contre la coalition royale, mais en dix ans nous avons eu tout le temps de réfléchir et de mettre au point cette offensive.
- Le jour de la vengeance est proche, déclare amèrement Minsc, ils vont apprendre à leur tour ce que c'est que de voir mourir leurs proches et leurs amis dans leurs bras !
- Vous avez beaucoup souffert par le passé et je comprends que vouliez vous venger, mais avez-vous pensé aux conséquences ? Vous ne voyez-pas que nous allons tout droit vers un massacre ?
- Le rapport de forces a changé, te dit Jaheira, nos ennemis s'étaient unis contre nous pour nous exterminer, aujourd'hui ils sont désunis et vulnérables. Notre objectif n'est pas de commettre un massacre mais de leur faire prendre conscience de leurs erreurs passées, nous allons nous emparer de plusieurs royaumes et ensuite nous les obligerons à nous céder des terres où nous pourrons enfin nous installer et vivre en paix.
- Je vois... Je n'ai de toute façon que peu de chances de vous en dissuader, n'est-ce pas ?
- C'est exact, te répond Jaheira.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?
- Tu as accepté de nous rejoindre, c'est vrai, mais si je t'avais fait part de nos plans et que les soldats t'avaient capturé, toute la campagne aurait pu être compromise... Maintenant tu peux décider de participer avec nous à cette guerre contre les tyrans, en particulier contre le roi d'Ahzuwd avec qui tu as également un compte à régler, ou tu peux choisir de rester ici jusqu'à ce que nous ayons lancé la première vague d'offensive, tu pourras ensuite nous quitter si tu le désires.
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A ce moment tu vois l'homme cagoulé vous rejoindre à cheval :
- Rassemblement de l'Etat Major, nous t'attendons sous la tente, Jaheira ! L'informe-t-il.
- Bien, j'arrive tout de suite, dit-elle tandis qu'il s'éloigne. Alors, Tamanoir, est-ce que je peux compter sur ton aide ?
- Allez, viens avec nous... fait Minsc. Tu ne le regretteras pas !
- Je savais qu'on pouvait compter sur toi ! s'exclame Minsc. On va leur botter le train dans les règles, c'est moi qui t'le dit !
- Très bien, fait Jaheira en acquiesçant, je suis heureuse que tu acceptes de te joindre à nous. Maintenant viens avec moi, je vais te présenter à nos chefs.
- Je te suis... dis-tu en engageant ton cheval dans le sillage de celui de Jaheira au travers des troupes qui forment leurs rangs.
- On se revoit tout à l'heure ! vous dit Minsc avant de partir de son côté.
L'armée formée par le Peuple de la Mer est vraiment impressionnante, elle équivaut facilement à celle de deux ou trois royaumes réunis. Les soldats ont tous l'air pressés d'en découdre avec les troupes royales, comme te l'a dit Minsc ils semblent issus de plusieurs tribus différentes, chacun d'entre eux arborant un signe de reconnaissance distinctif tel un uniforme, des bijoux, des tatouages ou une coupe de cheveux particulière. A plusieurs dizaines de mètres sur votre gauche de nouvelles machines de guerre débarquent sur la plage, ce sont des sortes de pièces d'artillerie équipées de canons multiples montés sur une tête pivotante. Vous vous dirigez vers une grande tente dressée en plein milieu du campement de campagne, à votre arrivée des gardes s'approchent pour prendre vos chevaux. Tu descends du tien et tu suis Jaheira à l'intérieur de la tente où sont réunis plusieurs seigneurs de guerre, de même que l'homme cagoulé et votre ami Jan. Vous prenez place à leurs côtés tandis qu'ils sont tous rassemblés en cercle autour d'une carte holographique en trois dimensions des royaumes de Magel et de la Voie Côtière.
- Où en est le débarquement ? demande un homme à la carrure imposante portant une lourde armure de plates. Commandant Tryan ? Capitaine Marla ?
- Nos deux-cent mille hommes de troupes sont en ordre de marche, général Murod.
- Les pièces d'artillerie prendront quant à elles davantage de temps que prévu, mais elles devraient être opérationnelles d'ici la fin de cet après-midi.
- Khandar, votre commando a fait du beau travail, êtes-vous prêt pour la seconde phase ? demande Murod.
- Merci, mon général, répond l'homme cagoulé. Tous nos commandos se sont rassemblés et sont prêts à intervenir comme prévu.
- Parfait, nous procéderons donc en deux temps. Nos commandos et nos sorciers emmenés par Khandar lanceront la première vague d'assaut en attaquant Calmka par surprise, vous devrez passer par les montagnes se trouvant à l'ouest de la ville. Pendant ce temps les navires de l'amiral Yaris bombarderont Alicarne et s'empareront de son port. Nos troupes et nos pièces d'artillerie lanceront ensuite la second vague d'assaut en avançant le long de la côte, elles entreront dans Alicarne puis elles continueront jusqu'à Calmka pour ouvrir un second front et les prendre en tenaille.
Suivant la résistance qui nous sera opposée, nous établirons un siège ou nous partirons directement à l'assaut de Nyt. Des questions ?
Après quelques dernières mises au point et débats quant aux tactiques militaires à employer, les différents seigneurs de guerre se séparent et vous quittez à votre tour la grande tente.
- Les moyens dont vous disposez sont considérables, Jaheira... Pourrais-tu me dire exactement en quoi mon travail va consister ?
- Comme tu l'as appris tout à l'heure, nos commandos emmenés par Khandar et nos sorciers vont lancer une attaque surprise contre la garnison de Calmka, j'en ferai partie et je compte sur ta participation. Tu es un tireur d'élite professionnel et ton aide nous sera d'un grand secours, mais je ne te cache pas qu'il s'agit d'une opération particulièrement dangereuse...
- Après ce qui s'est passé au château vous ne croyez-pas que les troupes de Calmka vont être sur le qui-vive ?
- Au contraire, ils doivent plutôt penser que nous cherchons par tous les moyens à prendre la fuite et ne s'attendent sûrement pas à ce que nous lancions une attaque d'une telle ampleur.
- Le but de cette opération est bien de faire diversion, n'est-ce pas ?
- Exact, nous allons repasser par les montagnes rocheuses de Calmka et attaquer par surprise les forces de la ville situées à l'ouest. Nos commandos vont infiltrer la garnison pour y placer des charges explosives, nous nous chargerons de couvrir leur fuite en cas de riposte des mages de combat royaux de Calmka. Ils vont alors envoyer leurs troupes en renforts pour nous repousser et c'est à ce moment que le gros de notre armée va les attaquer par le sud, ils seront pris entre deux fronts et ne pourront pas résister bien longtemps...
- Où suis-je affecté ?
- Et bien tu peux décider de te joindre aux commandos de Khandar avec Jan et Minsc ou alors rester avec moi et les autres sorciers pour assurer notre protection. Les risques ne sont pas identiques, tout dépend en fait si tu te sens la force d'accompagner les membres du commando ou si tu préfères rester en retrait à mes côtés pour ne pas forcer sur ta jambe.
- Je comprends...
- C'est à toi de voir, Tamanoir. Nous disposons de l'après-midi pour reprendre des forces et nous préparer, nous partirons à la tombée de la nuit. Je vais t'accompagner à une tente pour que tu puisses t'allonger et reposer ta jambe, j'en profiterai pour voir si je trouve quelque chose pour accélérer la cicatrisation de la blessure, mais quoi qu'il en soit tu ne pourras pas faire des folies tant que tu devras garder ta prothèse adaptable.
- Compris, ça va me faire du bien de pouvoir allonger un peu ma jambe, je ne la sens plus... Je vais réfléchir et je te donnerai ma décision ce soir.
- Très bien, surtout dis-moi si tu as besoin d'armes, de minutions ou de matériel particulier, je verrai ce que je peux faire. Allez, suis-moi... dit-elle en t'emmenant vers un groupe de tentes rassemblées dans le campement
- C'est entendu, Tamanoir, nous ferrons donc équipe ensemble. Mis à part moi, il y a huit autres sorciers dans notre groupe, je compte donc sur toi pour assurer notre protection et nous couvrir en cas de problème.
- Tu peux me faire confiance, avec moi à vos côtés vous n'aurez rien à craindre !
- Me voilà rassurée... te fait Jaheira sur le ton de la plaisanterie.
Tu prends un copieux repas avec Jaheira, puis tu passes l'après-midi à te reposer dans une couchette moelleuse à souhait après que ton amie ait prodigué quelques soins à ta jambe. Celle-ci ne te fait d'ailleurs presque plus mal, l'os semble s'être pratiquement ressoudé, miracle de la science moderne aidée d'une pincée de magie... Tu es encore ensommeillé lorsque Minsc entre dans ta tente et te braque avec une arme :
- On ne bouge plus !
- Hein ? Quoi ?! fais-tu en émergeant de ta couchette.
- T'aurais dû voir ta tête ! s'exclame Minsc en riant allègrement.
- Oh... fais-tu en lui lançant ton oreiller sur la tête.
- Tiens, dit-il en te tendant son arme, Jaheira m'a dit que ça pourrait t' intéresser.
- Qu'est-ce que c'est ? demandes-tu en prenant l'arme qui ressemble à un fusil mitrailleur très compact.
- C'est un A.K. Phaser, le dernier model, c'est l'arme que nous utilisons dans nos commandos. Avec ça tu peux tirer au coup par coup, en rafale ou te servir de sa mire laser pour un tir de précision, l'arme idéale pour toi, quoi !
- Et bien tu remercieras Jaheira de ma part, dis-tu en te familiarisant avec le maniement de cette nouvelle arme qui te semble particulièrement ergonomique.
- Tiens, voilà des munitions, fait Minsc en sortant quatre chargeurs de ses poches et en les jetant sur ta couchette. Ce sont des balles explosives, une seule comme ça et le mec n'est pas prêt de se relever...
- Je fais équipe avec Jaheira, on aura sûrement l'occasion de se revoir ?
- Oui, sûrement. Jan et Lahara sont dans mon groupe d'intervention, on va faire un malheur tous ensemble !
- Je suppose que le départ est pour bientôt ?
- Ouais, on est en train de se rassembler. Khandar a l'air sur les nerfs, d' ailleurs je ferais bien d'y aller si je ne veux pas qu'il me passe un savon ! Allez, salut !
- Salut, Minsc ! fais-tu avant qu'il ne quitte la tente pour rejoindre ses amis.
Tu te sens reposé est en pleine forme, prêt à affronter tous les gardes et les mages de Calmka à toi seul ! Quoique, peut-être pas... Tu t'habilles et tu armes ton fusil, toi et lui êtes faits pour vous entendre. Tu sors de la tente et tu vois qu'au-dehors règne une intense activité, l'armée semble au grand complet et les bataillons en ordre de marche, l'artillerie semble elle aussi opérationnelle pour la grande offensive. Tu t'avances au milieu des soldats pour rejoindre la centaine de commandos qui se sont attroupés dans un coin du campement, tu y retrouves Minsc, Jan, Lahara et bien entendu Khandar qui dispense les derniers conseils à ses troupes. Jaheira t'attend àquelques pas de là en compagnie des huit autres sorciers dont elle t'avait parlé, ton amie te fait signe de les rejoindre et tu t'approches d'eux en les saluant.
- C'est donc l'homme dont tu nous as parlé ? demande l'une des deux sorcières que compte le groupe en plus de Jaheira.
- Il se nomme Tamanoir, c'est un remarquable combattant, il m'a sauvé la vie lorsque j'ai affronté les mages royaux à Calmka.
- Tu m'as rendu la pareille juste après, si je me souviens bien...
- Exact, mais je n'oublie jamais les actes héroïques. Voici donc mon équipe ce sont les meilleurs sorciers de notre peuple. Alors tu vas probablement me dire que les mages de Calmka nous surpassent en nombre, mais sache que chacun de nous en vaut au moins quatre !
- Une dizaine, tu veux dire ! fait un sorcier en déclenchant le rire des autres.
- Je vais donc vous escorter, c'est bien ça ?
- En effet, te répond Jaheira. Notre mission est de couvrir les commandos après qu'ils aient lancé l'attaque surprise contre la garnison de Calmka, nous interviendrons au cas où les mages de combat royaux lanceraient une contre-attaque. Cela nous demandera de dépenser beaucoup d'énergie et pendant un moment nous nous retrouverons sans défense, tu seras donc notre seul rempart face à nos ennemis.
- Ne vous en faites-pas, j'ouvrirai l'oeil !
- Là où ça va se compliquer, c'est lorsqu'ils vont envoyer des renforts pour partir à notre poursuite, nous devrons résister jusqu'à ce que notre armée attaque la ville par le sud.
- Je vois, ça risque d'être chaud...
- Est-ce que tu te sens d'attaque ?
- Je n'ai jamais été aussi d'attaque de toute ma vie !
Tu vois Khandar donner le signal du départ aux commandos, ceux-ci portent leur arme en bandoulière et se dirigent vers les chevaux d'un pas cadencé.
- Ca y est ! Le moment est venu pour nous aussi mes amis, vous annonce Jaheira, en avant ! s'exclame-t-elle en te faisant signe de les suivre vers un groupe de chevaux qui vous attend à deux pas d'ici.
Vous montez à cheval puis vous quittez le campement en direction des montagnes de Calmka. Le soleil se couche sur l'océan et l'horizon semble s'embraser, les oiseaux marins planent au loin en faisant raisonner leurs cris, c'est probablement l'un des plus beaux couchés de soleil qu'il t'ait été donné de voir, tu espères que ce ne sera pas le dernier... Tu restes aux
côtés de Jaheira et de son groupe de sorciers durant tout le trajet, vous suivez la centaine de commandos qui ouvre la marche à travers les routes escarpées.
- Quel plan as-tu en tête ? demandes-tu à Jaheira.
- Et bien nous allons déjà créer une nappe de brouillard pour dissimuler l' action de nos commandos, ensuite ils vont s'infiltrer dans la garnison royale pour y disposer des explosifs. Notre mission est de les couvrir depuis nos positions afin d'assurer leur retraite, nous devrons employer la force au cas où les mages de combat royaux passeraient à l'attaque, pendant ce temps il faudra bien que quelqu'un nous protège et cette personne c'est toi, Tamanoir.
- Ok, donc je reste en position à vos côtés et j'ouvre l'oeil, c'est bien ça ?
- Exactement, en tout cas veille autant que possible à tenir les mages ennemis à distance, s'ils parviennent à nous prendre en tenaille nous sommes perdus.
- Compris, je suis plutôt bon comme sniper et si j'en vois un dans ma ligne de mire il n'aura pas le temps de faire ses prières...
Au bout de plusieurs heures de trajet vous arrivez enfin en vue de Calmka où les longues files de phares des voitureps forment des fleuves dorés dans la grande cité post-médiévale. Les commandos s'arrêtent et descendent de cheval.
- Nous y voilà, fait Jaheira, tout le monde en position !
Les sorciers et toi descendez de cheval puis ils s'avancent au bord de la falaise surplombant les hauteurs de la ville. Tu les regardes se réunir en cercle puis tendre les bras en récitant une invocation adressée aux éléments. L'air devient progressivement plus humide et frais, de la condensation apparaît sur vos vêtements tandis qu'une nappe de brouillard se forme à vos pieds et glisse lentement le long de la montagne jusque vers les premières habitations de la ville. Les commandos s'équipent alors de
lunettes que tu devines être équipées de capteurs permettant une vision optimale par tous les temps.
- En avant ! fait Khandar à ses troupes.
Les commandos descendent un chemin de traverse menant au pied de la montagne, tu vois Minsc, Jan et Lahara te faire un signe de la main avant de rejoindre les autres, tu souhaites sincèrement qu'il reviendront tous sains et saufs... Il ne reste bientôt plus que toi, Jaheira et son groupe de sorciers, certains d'entre eux restent concentrés pour maintenir aussi longtemps que possible la nappe de brouillard tandis que d'autres reprennent des forces en prévision d'une éventuelle attaque des mages de combat royaux.
Tu entends raisonner au son du glas les cloches des nombreux temples de Calmka.
- Qu'est-ce qui se passe ? Ils donnent l'alerte ? demandes-tu à Jaheira.
- Quelle ironie, nous attaquons Calmka au moment où elle vient de perdre son roi...
Tu te mets en position et tu observes la progression des commandos à l'aide de la lunette de ton fusil. Malgré le brouillard, tes yeux aiguisés te permettent de discerner vos hommes se glisser à l'intérieur de la garnison après avoir au préalable neutralisé les soldats qui montaient la garde à proximité. Les commandos font preuve de leurs grands talents en agissant avec une précision chirurgicale et au bout d'un moment tu entends le son d' une sirène, puis tu les vois ressortir de tous les côtés de la garnison et se disperser tandis que les faisceaux des projecteurs balayent activement les environs. C'est alors que se déclenche une série de puissantes explosions qui soufflent plusieurs bâtiments de la garnison, l'onde de choc retentit avec fracas à travers la ville. Epuisés par les efforts de concentration qu'ils ont fournis jusque là, les sorciers abaissent leurs bras en dissipant ainsi la nappe de brouillard qui vient d'ailleurs d'être remplacée par une épaisse fumée opaque.
- Je n'y crois pas, ils ont réussi ! fais-tu en voyant les commandos se replier vers vos positions.
Les sorciers se réjouissent du succès de la première phase de l'offensive et Jaheira vient poser sa main sur ton épaule tout en regardant avec toi le spectacle depuis les hauteurs de la ville.
- Ragardez ! fait une amie de Jaheira en vous montrant une navette en flammes qui fonce droit dans votre direction.
- Faisons-la exploser avant qu'elle ne nous percute ! fait un des sorciers.
- Non, attendez ! intervient Jaheira. Elle change de direction et... on dirait qu'il y a quelqu'un qui vient de sauter.
- Affirmatif, dis-tu en suivant la personne toujours à l'aide de la lunette de ton fusil. Elle a ouvert un parachute et j'ai bien l'impression que le vent la rabat vers nous...
La navette poursuit sa trajectoire descendante et finit par s'écraser contre les contreforts de la montagne dans un déluge de flammes et de fumée. La personne atterrit quant à elle lourdement sur le sol rocheux non loin de vous et la toile du parachute la recouvre entièrement, elle s'emmêle un peu dans les cordages mais elle parvient tout de même à se défaire des sangles.
- Allons voir, fais-tu à Jaheira en t'élançant arme à la main vers le parachute.
Un homme s'extirpe de la toile et tu réalises que son visage ne t'est pas inconnu... Il vous regarde d'un air surpris tandis que tu le menaces de ton arme.
- Vous vous appelez Nab, n'est-ce pas ? demande Jaheira qui semble l'avoir reconnu.
- Nabuko, pour vous servir... fait-il en la saluant. Si j'ai apprécié votre prestation en tant que chanteuse avec Phoebus, je dois reconnaître que je garde un souvenir douloureux de votre attaque dans la salle de bal.
- Qui est-ce ? demandes-tu.
- Il s'agit d'un artiste ayant participé au tour de magie qui a clôturé le spectacle.
- Oui, maintenant je me souviens... fais-tu en abaissant ton arme.
- Je me rappelle que Phoebus vous avait appelé Jaheira, si je ne me trompe ? Et votre garde du corps ?
- Il s'appelle Tamanoir, répond-elle en souriant visiblement amusée par cette situation. Mais dites-moi, ne s'agissait-il pas d'une navette destinée au transport de prisonniers ?
- Euh... ben disons simplement que je trouvais l'endroit trop exigu à mon goût. Est-ce que ça serait trop vous demander de m'expliquer ce qui se passe ?
- C'est la guerre, monsieur Nabuko, répond Jaheira. Nos commandos viennent de faire exploser la garnison de la cité et notre armée est en marche pour s 'emparer du royaume.
- Et ben vous au moins on peut dire que vous ne faites pas les choses à moitié !
- Jaheira ! Tamanoir ! vous appelle un des sorciers. C'est le moment d' intervenir, l'ennemi envoie des troupes et des mages en renforts !
- Vous avez besoin d'aide ? demande Nabuko.
- Est-ce que t'as au moins une arme ? lui demandes-tu.
- Je crois que ça fera l'affaire... répond-il en dégainant un pistolet à fusion ayant probablement appartenu à l'un des gardes censés le surveiller.
- Et bien en avant ! fait Jaheira en vous faisant signe de la suivre.
Vous suivez Jaheira puis vous vous mettez en position pour couvrir la retraite des commandos. La tension est palpable tandis que le groupe de sorciers du Peuple de la Mer se concentre en vue de contrer une attaque des mages qui escortent les troupes ennemies.
- Autrement, que cherchez-vous à faire ici ? Quel est votre véritable but ? vous demande Nabuko à voix basse.
- Notre objectif est de conquérir plusieurs royaumes du sud de Magel pour ensuite les contraindre à nous céder des territoires, lui explique Jaheira.
Ils ont massacré les nôtres lorsque nous avions tenté de nous installer pacifiquement le long de la Voie Côtière il y a dix ans de cela, ceci alors que nous souhaitions juste y établir nos familles qui étaient en proie à la famine. Ils nous ont toujours persécutés et humiliés, aujourd'hui le moment est venu pour nous de leur rendre la monnaie de leur pièce ! Nous disposons d'une armée de plus de deux cent cinquante mille hommes, ainsi que de pièces d'artillerie, qui est en marche pour s'emparer de Calmka, l'autre moitié devrait bientôt débarquer à Alicarne...
- L'autre moitié ?! demande-t-il. Vous voulez dire que vous avez une armée de plus de cinq cent mille hommes ?
- C'est exact, mais les royaumes disposent à eux tous de près de huit cent mille hommes, en fait moins si l'on prend en compte les dernières pertes de Nyt et maintenant celles de Calmka.
- Il va y avoir de l'action... fais-tu en souriant tandis que tu observes les troupes ennemies à l'aide de la lunette de ton fusil.
- Toi aussi tu fais partie du Peuple de la Mer ? te demande-t-il.
- Non, mais je les aide car nous avons des ennemis communs, en particulier cette crapule de Lothar qui comprendra sa douleur lorsque je l'aurai en face de moi, je te le garantie...
- Lothar a été nommé régent des royaumes, tu t'attaques à un sacré gros morceau. Vous pensez réellement que vous réussirez à percer jusqu'à Ahzuwd ?
- Il est encore trop tôt pour en parler, lui répond Jaheira, mais il est certain que si nous tenions Ahzuwd les royaumes seraient obligés de négocier. A coeur vaillant rien n'est impossible...
- Les nôtres sont de retour ! s'exclame l'un des sorciers alors que les premiers commandos vous rejoignent tandis que les arrières ouvrent le feu pour les couvrir.
- J'ai un plan, t'explique Nabuko, mais pour cela il faudrait que tu fasses diversion avec quelques hommes pour attirer l'ennemi en aval. Tu crois que c 'est dans tes cordes ?
- Sans problème ! fais-tu en rejoignant Jan, Lahara et Minsc qui viennent de revenir de la mission.
- Faites attention à vous ! vous lance Jaheira tandis que toi et tes amis vous éloignez.
Vous descendez tous les quatre le chemin menant au bas de la falaise où vous croisez plusieurs commandos qui se replient vers le sommet. Les combats sont particulièrement violents, de gros renforts ennemis sont parvenus à couper la retraite à une partie des commandos et sont en train des les tailler en pièces, cela en dépit du courage et de la détermination dont font preuve les hommes du Peuple de la Mer.
- Vous avez tous compris la manoeuvre ? demandes-tu.
- Ca va être très séré mais c'est jouable... fait Minsc en armant son fusil.
- On te suit, Tamanoir ! déclare Jan en faisant un clin d'oeil à Lahara.
Telles de véritables furies, vous lancez tous les quatre une attaque surprise qui vous permet d'effectuer une percée spectaculaire parmi les soldats royaux, ceux-ci, déstabilisés, se replient en bas des falaises où vous vous dispersez rapidement après que Jan et Lahara aient jeté plusieurs grenades fumigènes.
Les commandos situés en haut de la falaise déchaînent les enfers sur les soldats ennemis dans un torrent de balles explosives qui sifflent dans l' air, zébrant de traits lumineux la nuit de Calmka. Ce sont plusieurs escadrons entiers de soldats ennemis qui tombent les uns après les autres.
Vous venez de leur porter un coup qu'ils ne sont pas prêts d'oublier...
Emportés par la soif de vaincre et grisés par la bataille, de nombreux commandos s'élancent à la poursuite des soldats ennemis qui se replient vers l'intérieur de la ville, c'est-à-dire tout droit vers une imposante armée de chevaliers que tu vois se diriger vers vos positions.
- Arrêtez ! cries-tu en espérant les retenir.
- Les imbéciles, fait Lahara, ils vont tous se faire massacrer...
- Il faut aller prévenir Khandar, te conseille Minsc, lui seul pourra les raisonner.
Vous retournez en toute hâte vers le sommet de la falaise et par chance vous croisez justement Khandar qui descend avec plusieurs hommes à sa suite.
- Des commandos sont partis à la poursuite des soldats royaux mais ceux-ci les rabattent vers une armée de chevaliers ! lui expliques-tu.
- Je sais, nous allons tenter de les arrêter avant qu'ils ne se fassent
piéger. Remonte et va chercher des renforts pour défendre ce chemin, assure-toi qu'il soit libre lorsque je reviendrai avec les autres. Je peux compter sur toi ?
- Pas de problème, fais-tu en hochant de la tête.
Khandar et ses hommes poursuivent leur route tandis que de votre côté vous retournez vers les autres où tu remarques que les sorciers se sont mis à l' écart en formant un cercle autour de Jaheira, bras levés vers le ciel tout en psalmodiant une puissante incantation. Nabuko observe quant à lui attentivement les combats depuis les hauteurs.
- Prends des hommes avec toi et suivez-nous ! lui demandes-tu.
- En avant ! fait-il à tout un escadron de commandos qui lui engage le pas.
Nabuko, les commandos et vous suivez sur le chemin menant au bas de la falaise, jusqu'à ce que vous voyiez des hommes courir en tous sens transformés en de véritables torches humaines. Une douzaine d'élémentaux de feu progresse en aval le long du chemin, ces créatures humanoïdes de plus de deux mètres de haut lancent des jets de flammes depuis leurs mains en semant la désolation autour d'eux.
- Il faut effectuer un tir de barrage pour les repousser. En position ! Dit Nabuko aux commandos qui se mettent en rangs. En joue... Feu !
Les commandos tirent une puissante salve de balles explosives qui abat deux élémentaux d'un coup. C'est ainsi que tu te rends compte que les élémentaux de feu cachent en réalité des mages qui les suivent de près. Un autre groupe de commandos parvient à contourner les élémentaux et à tirer sur les mages, mais malheureusement pour eux ces derniers ont déjà activé leurs défenses.
Tu les vois continuer à avancer sereinement, escortés par les élémentaux de feu. Sans même prêter attention aux commandos, un vieux mage revêtu d'une longue robe pourpre et or lève la main avec détachement et lance un puissant sortilège de mort. L'autre groupe entier de commandos décède sur-le-champ, comme si leur âme venait d'être fauchée soudainement par la Mort.
- C'est qui ce mec ? demandes-tu à Nabuko.
- Là on est mal... fait-il en ôtant le cran de sûreté de son arme.
Visiblement, une attaque frontale contre le groupe de mages et d'élémentaux serait du suicide, aussi Nabuko donne l'ordre de repli à son groupe de commandos. Les combats se poursuivent en aval tandis que Nabuko et toi cherchez une solution pour tendre un piège à l'ennemi et repousser son attaque.
- Que penses-tu de ça ? lui demandes-tu en désignant un bloc de rochers qui semble assez instable.
- Oui, ça pourrait faire l'affaire...
Jan escalade avec agilité la paroi de la falaise pour y disposer des explosifs. Pendant ce temps vous alignez les hommes à une certaine distance les uns des autres, puis vous vous cachez à votre tour dans l'obscurité en attendant que les ennemis arrivent à distance. Vous entendez le ciel gronder, comme si un gros orage était en préparation... Le groupe de mages se rapproche de vos positions, les élémentaux de feu continuant à faire des ravages parmi les pauvres malheureux qui n'ont pas pu s'échapper à temps.
Nabuko et toi vous regardez et vous comprenez que le moment est venu. Tu appuies sur le bouton de commande et une terrible explosion retentit, d' énormes blocs sont projetés sur le chemin qu'ils dévalent avec fracas dans un déluge de poussière et de graviers. Quatre élémentaux sont fauchés d'un coup et projetés dans le précipice, vous donnez le signal à vos hommes d' intervenir et ils bondissent en direction des ennemis tout en ouvrant le feu sur eux. Votre manoeuvre porte ses fruits et deux élémentaux de feu se retrouvent littéralement criblés de balles explosives, il n'en reste bientôt plus que quatre pour défendre la douzaine de mages ennemis. Ceux-ci ne s' attendaient visiblement pas à ce qui allait arriver, surpris et désorientés, ils ont abaissé leur garde, grossière erreur...
Nabuko, tes amis et toi vous lancez à votre tour dans la bataille en tirant des rafales sur les mages. Mais ceux-ci semblent assez différents de ceux que vous avez pu voir jusqu'ici, ils ne se laissent pas démonter et contre-attaquent avec force à l'aide de sorts de flèches enflammées et d' orbes chromatiques qui paralysent nombre de vos hommes. Soudain tu vois la foudre s'abattre à plusieurs reprises en direction de l'armée de chevaliers située près des portes de la ville. Apparemment Jaheira et les sorciers du Peuple de la Mer ont réussi leur coup et ont tapé en plein dans le mille, pour rien au monde tu n'aimerais te trouver parmi les soldats... Certains mages ne peuvent plus faire face et sont obligés de reculer en déployant leurs dernières défenses, vous en profitez pour les repousser vers le rebord du précipice. C'est alors que tu vois le vieux mage sortir du rang et effectuer des arabesques tout en récitant les paroles d'une puissante invocation, tu sens que cela ne présage rien de bon... Tu concentres tes tirs dans sa direction en espérant le déconcentrer, mais plusieurs mages s' interposent en créant des boucliers de force sur lesquels viennent s'échouer tes balles. C'est alors que les blocs de pierre se mettent à léviter puis à se rassembler en formant un énorme golem de plus de cinq mètres de haut, il se met à pousser un cri caverneux et tourne sa tête dans votre direction en vous fixant de ses yeux rouges lumineux.
Cette fois-ci c'est au tour de vos hommes de reculer, le golem donne des coups de poings dévastateurs qui envoient voler tous ceux qui ont la malchance de se trouver sur son chemin. Vous videz plusieurs chargeurs sur lui en pure perte, les balles explosives semblent à peine parvenir à endommager sa carapace. Le golem vous prend en chasse et vous êtes obligés de mettre toute votre agilité à contribution pour échapper à ses attaques meurtrières, la terre tremble sous ses pas et chacun de ses coups pulvérise des roches cent fois plus solides que vos pauvres os. Vous vous retrouvez bientôt coincés contre la paroi rocheuse sans aucun espoir de fuite, vous ne pouvez pas compter sur vos hommes pour vous venir en aide car ils ont déjà fort affaire avec les mages et la poignée d'élémentaux qui ont survécu. Le golem se rapproche de vous et se prépare à vous asséner un coup dont la puissance devrait vous encastrer dans la pierre, quand soudain il s'arrête net dans son mouvement. Tu tournes la tête et tu vois que Jaheira et son groupe de sorciers vous ont rejoint, ils sont en train de lancer conjointement un sort d'abjuration qui semble entraver le golem. Profitant de l'occasion, vous vous échappez et les rejoignez tandis que la création du vieux mage se désagrège, les blocs de pierre tombent lourdement au sol et le golem n'est bientôt plus qu'un mauvais souvenir.
- Merci ! fais-tu à Jaheira et à ses amis sorciers. Nous n'aurions jamais pu nous débarrasser de cette horreur sans votre aide !
- Ce n'est pas fini, fait remarquer Nabuko, il reste encore les mages et leur chef...
Mais ceux-ci ont compris qu'ils allaient avoir des difficultés à affronter autant d'adversaires et vous les voyez dessiner un cercle de lumière face à eux, ils disparaissent instantanément, franchissant un portail magique qui les amènera en lieu sûr. Ils brisent ainsi le lien mental avec les élémentaux de feu et ces derniers se consument en une dernière flamme, ne laissant tout au plus derrière eux que de délicates volutes de fumée.
- Les lâches ! t'exclames-tu. Dès que ça se complique pour eux ils prennent
la fuite...
- Ils vont probablement se regrouper et revenir plus tard avec des renforts, explique Jaheira. En tout cas notre attaque contre l'armée ennemie a été un succès ! Comme nous l'avions prévu, ils se replient vers la Porte du Couchant pour protéger l'accès de la ville. Khandar doit être sur place pourmener l'attaque, nous devrions tous le rejoindre pour lui prêter main forte en attendant l'arrivée de notre armée, qu'en pensez-vous ?
- Rassemblement de l'Etat Major, nous t'attendons sous la tente, Jaheira ! L'informe-t-il.
- Bien, j'arrive tout de suite, dit-elle tandis qu'il s'éloigne. Alors, Tamanoir, est-ce que je peux compter sur ton aide ?
- Allez, viens avec nous... fait Minsc. Tu ne le regretteras pas !
- Je savais qu'on pouvait compter sur toi ! s'exclame Minsc. On va leur botter le train dans les règles, c'est moi qui t'le dit !
- Très bien, fait Jaheira en acquiesçant, je suis heureuse que tu acceptes de te joindre à nous. Maintenant viens avec moi, je vais te présenter à nos chefs.
- Je te suis... dis-tu en engageant ton cheval dans le sillage de celui de Jaheira au travers des troupes qui forment leurs rangs.
- On se revoit tout à l'heure ! vous dit Minsc avant de partir de son côté.
L'armée formée par le Peuple de la Mer est vraiment impressionnante, elle équivaut facilement à celle de deux ou trois royaumes réunis. Les soldats ont tous l'air pressés d'en découdre avec les troupes royales, comme te l'a dit Minsc ils semblent issus de plusieurs tribus différentes, chacun d'entre eux arborant un signe de reconnaissance distinctif tel un uniforme, des bijoux, des tatouages ou une coupe de cheveux particulière. A plusieurs dizaines de mètres sur votre gauche de nouvelles machines de guerre débarquent sur la plage, ce sont des sortes de pièces d'artillerie équipées de canons multiples montés sur une tête pivotante. Vous vous dirigez vers une grande tente dressée en plein milieu du campement de campagne, à votre arrivée des gardes s'approchent pour prendre vos chevaux. Tu descends du tien et tu suis Jaheira à l'intérieur de la tente où sont réunis plusieurs seigneurs de guerre, de même que l'homme cagoulé et votre ami Jan. Vous prenez place à leurs côtés tandis qu'ils sont tous rassemblés en cercle autour d'une carte holographique en trois dimensions des royaumes de Magel et de la Voie Côtière.
- Où en est le débarquement ? demande un homme à la carrure imposante portant une lourde armure de plates. Commandant Tryan ? Capitaine Marla ?
- Nos deux-cent mille hommes de troupes sont en ordre de marche, général Murod.
- Les pièces d'artillerie prendront quant à elles davantage de temps que prévu, mais elles devraient être opérationnelles d'ici la fin de cet après-midi.
- Khandar, votre commando a fait du beau travail, êtes-vous prêt pour la seconde phase ? demande Murod.
- Merci, mon général, répond l'homme cagoulé. Tous nos commandos se sont rassemblés et sont prêts à intervenir comme prévu.
- Parfait, nous procéderons donc en deux temps. Nos commandos et nos sorciers emmenés par Khandar lanceront la première vague d'assaut en attaquant Calmka par surprise, vous devrez passer par les montagnes se trouvant à l'ouest de la ville. Pendant ce temps les navires de l'amiral Yaris bombarderont Alicarne et s'empareront de son port. Nos troupes et nos pièces d'artillerie lanceront ensuite la second vague d'assaut en avançant le long de la côte, elles entreront dans Alicarne puis elles continueront jusqu'à Calmka pour ouvrir un second front et les prendre en tenaille.
Suivant la résistance qui nous sera opposée, nous établirons un siège ou nous partirons directement à l'assaut de Nyt. Des questions ?
Après quelques dernières mises au point et débats quant aux tactiques militaires à employer, les différents seigneurs de guerre se séparent et vous quittez à votre tour la grande tente.
- Les moyens dont vous disposez sont considérables, Jaheira... Pourrais-tu me dire exactement en quoi mon travail va consister ?
- Comme tu l'as appris tout à l'heure, nos commandos emmenés par Khandar et nos sorciers vont lancer une attaque surprise contre la garnison de Calmka, j'en ferai partie et je compte sur ta participation. Tu es un tireur d'élite professionnel et ton aide nous sera d'un grand secours, mais je ne te cache pas qu'il s'agit d'une opération particulièrement dangereuse...
- Après ce qui s'est passé au château vous ne croyez-pas que les troupes de Calmka vont être sur le qui-vive ?
- Au contraire, ils doivent plutôt penser que nous cherchons par tous les moyens à prendre la fuite et ne s'attendent sûrement pas à ce que nous lancions une attaque d'une telle ampleur.
- Le but de cette opération est bien de faire diversion, n'est-ce pas ?
- Exact, nous allons repasser par les montagnes rocheuses de Calmka et attaquer par surprise les forces de la ville situées à l'ouest. Nos commandos vont infiltrer la garnison pour y placer des charges explosives, nous nous chargerons de couvrir leur fuite en cas de riposte des mages de combat royaux de Calmka. Ils vont alors envoyer leurs troupes en renforts pour nous repousser et c'est à ce moment que le gros de notre armée va les attaquer par le sud, ils seront pris entre deux fronts et ne pourront pas résister bien longtemps...
- Où suis-je affecté ?
- Et bien tu peux décider de te joindre aux commandos de Khandar avec Jan et Minsc ou alors rester avec moi et les autres sorciers pour assurer notre protection. Les risques ne sont pas identiques, tout dépend en fait si tu te sens la force d'accompagner les membres du commando ou si tu préfères rester en retrait à mes côtés pour ne pas forcer sur ta jambe.
- Je comprends...
- C'est à toi de voir, Tamanoir. Nous disposons de l'après-midi pour reprendre des forces et nous préparer, nous partirons à la tombée de la nuit. Je vais t'accompagner à une tente pour que tu puisses t'allonger et reposer ta jambe, j'en profiterai pour voir si je trouve quelque chose pour accélérer la cicatrisation de la blessure, mais quoi qu'il en soit tu ne pourras pas faire des folies tant que tu devras garder ta prothèse adaptable.
- Compris, ça va me faire du bien de pouvoir allonger un peu ma jambe, je ne la sens plus... Je vais réfléchir et je te donnerai ma décision ce soir.
- Très bien, surtout dis-moi si tu as besoin d'armes, de minutions ou de matériel particulier, je verrai ce que je peux faire. Allez, suis-moi... dit-elle en t'emmenant vers un groupe de tentes rassemblées dans le campement
- C'est entendu, Tamanoir, nous ferrons donc équipe ensemble. Mis à part moi, il y a huit autres sorciers dans notre groupe, je compte donc sur toi pour assurer notre protection et nous couvrir en cas de problème.
- Tu peux me faire confiance, avec moi à vos côtés vous n'aurez rien à craindre !
- Me voilà rassurée... te fait Jaheira sur le ton de la plaisanterie.
Tu prends un copieux repas avec Jaheira, puis tu passes l'après-midi à te reposer dans une couchette moelleuse à souhait après que ton amie ait prodigué quelques soins à ta jambe. Celle-ci ne te fait d'ailleurs presque plus mal, l'os semble s'être pratiquement ressoudé, miracle de la science moderne aidée d'une pincée de magie... Tu es encore ensommeillé lorsque Minsc entre dans ta tente et te braque avec une arme :
- On ne bouge plus !
- Hein ? Quoi ?! fais-tu en émergeant de ta couchette.
- T'aurais dû voir ta tête ! s'exclame Minsc en riant allègrement.
- Oh... fais-tu en lui lançant ton oreiller sur la tête.
- Tiens, dit-il en te tendant son arme, Jaheira m'a dit que ça pourrait t' intéresser.
- Qu'est-ce que c'est ? demandes-tu en prenant l'arme qui ressemble à un fusil mitrailleur très compact.
- C'est un A.K. Phaser, le dernier model, c'est l'arme que nous utilisons dans nos commandos. Avec ça tu peux tirer au coup par coup, en rafale ou te servir de sa mire laser pour un tir de précision, l'arme idéale pour toi, quoi !
- Et bien tu remercieras Jaheira de ma part, dis-tu en te familiarisant avec le maniement de cette nouvelle arme qui te semble particulièrement ergonomique.
- Tiens, voilà des munitions, fait Minsc en sortant quatre chargeurs de ses poches et en les jetant sur ta couchette. Ce sont des balles explosives, une seule comme ça et le mec n'est pas prêt de se relever...
- Je fais équipe avec Jaheira, on aura sûrement l'occasion de se revoir ?
- Oui, sûrement. Jan et Lahara sont dans mon groupe d'intervention, on va faire un malheur tous ensemble !
- Je suppose que le départ est pour bientôt ?
- Ouais, on est en train de se rassembler. Khandar a l'air sur les nerfs, d' ailleurs je ferais bien d'y aller si je ne veux pas qu'il me passe un savon ! Allez, salut !
- Salut, Minsc ! fais-tu avant qu'il ne quitte la tente pour rejoindre ses amis.
Tu te sens reposé est en pleine forme, prêt à affronter tous les gardes et les mages de Calmka à toi seul ! Quoique, peut-être pas... Tu t'habilles et tu armes ton fusil, toi et lui êtes faits pour vous entendre. Tu sors de la tente et tu vois qu'au-dehors règne une intense activité, l'armée semble au grand complet et les bataillons en ordre de marche, l'artillerie semble elle aussi opérationnelle pour la grande offensive. Tu t'avances au milieu des soldats pour rejoindre la centaine de commandos qui se sont attroupés dans un coin du campement, tu y retrouves Minsc, Jan, Lahara et bien entendu Khandar qui dispense les derniers conseils à ses troupes. Jaheira t'attend àquelques pas de là en compagnie des huit autres sorciers dont elle t'avait parlé, ton amie te fait signe de les rejoindre et tu t'approches d'eux en les saluant.
- C'est donc l'homme dont tu nous as parlé ? demande l'une des deux sorcières que compte le groupe en plus de Jaheira.
- Il se nomme Tamanoir, c'est un remarquable combattant, il m'a sauvé la vie lorsque j'ai affronté les mages royaux à Calmka.
- Tu m'as rendu la pareille juste après, si je me souviens bien...
- Exact, mais je n'oublie jamais les actes héroïques. Voici donc mon équipe ce sont les meilleurs sorciers de notre peuple. Alors tu vas probablement me dire que les mages de Calmka nous surpassent en nombre, mais sache que chacun de nous en vaut au moins quatre !
- Une dizaine, tu veux dire ! fait un sorcier en déclenchant le rire des autres.
- Je vais donc vous escorter, c'est bien ça ?
- En effet, te répond Jaheira. Notre mission est de couvrir les commandos après qu'ils aient lancé l'attaque surprise contre la garnison de Calmka, nous interviendrons au cas où les mages de combat royaux lanceraient une contre-attaque. Cela nous demandera de dépenser beaucoup d'énergie et pendant un moment nous nous retrouverons sans défense, tu seras donc notre seul rempart face à nos ennemis.
- Ne vous en faites-pas, j'ouvrirai l'oeil !
- Là où ça va se compliquer, c'est lorsqu'ils vont envoyer des renforts pour partir à notre poursuite, nous devrons résister jusqu'à ce que notre armée attaque la ville par le sud.
- Je vois, ça risque d'être chaud...
- Est-ce que tu te sens d'attaque ?
- Je n'ai jamais été aussi d'attaque de toute ma vie !
Tu vois Khandar donner le signal du départ aux commandos, ceux-ci portent leur arme en bandoulière et se dirigent vers les chevaux d'un pas cadencé.
- Ca y est ! Le moment est venu pour nous aussi mes amis, vous annonce Jaheira, en avant ! s'exclame-t-elle en te faisant signe de les suivre vers un groupe de chevaux qui vous attend à deux pas d'ici.
Vous montez à cheval puis vous quittez le campement en direction des montagnes de Calmka. Le soleil se couche sur l'océan et l'horizon semble s'embraser, les oiseaux marins planent au loin en faisant raisonner leurs cris, c'est probablement l'un des plus beaux couchés de soleil qu'il t'ait été donné de voir, tu espères que ce ne sera pas le dernier... Tu restes aux
côtés de Jaheira et de son groupe de sorciers durant tout le trajet, vous suivez la centaine de commandos qui ouvre la marche à travers les routes escarpées.
- Quel plan as-tu en tête ? demandes-tu à Jaheira.
- Et bien nous allons déjà créer une nappe de brouillard pour dissimuler l' action de nos commandos, ensuite ils vont s'infiltrer dans la garnison royale pour y disposer des explosifs. Notre mission est de les couvrir depuis nos positions afin d'assurer leur retraite, nous devrons employer la force au cas où les mages de combat royaux passeraient à l'attaque, pendant ce temps il faudra bien que quelqu'un nous protège et cette personne c'est toi, Tamanoir.
- Ok, donc je reste en position à vos côtés et j'ouvre l'oeil, c'est bien ça ?
- Exactement, en tout cas veille autant que possible à tenir les mages ennemis à distance, s'ils parviennent à nous prendre en tenaille nous sommes perdus.
- Compris, je suis plutôt bon comme sniper et si j'en vois un dans ma ligne de mire il n'aura pas le temps de faire ses prières...
Au bout de plusieurs heures de trajet vous arrivez enfin en vue de Calmka où les longues files de phares des voitureps forment des fleuves dorés dans la grande cité post-médiévale. Les commandos s'arrêtent et descendent de cheval.
- Nous y voilà, fait Jaheira, tout le monde en position !
Les sorciers et toi descendez de cheval puis ils s'avancent au bord de la falaise surplombant les hauteurs de la ville. Tu les regardes se réunir en cercle puis tendre les bras en récitant une invocation adressée aux éléments. L'air devient progressivement plus humide et frais, de la condensation apparaît sur vos vêtements tandis qu'une nappe de brouillard se forme à vos pieds et glisse lentement le long de la montagne jusque vers les premières habitations de la ville. Les commandos s'équipent alors de
lunettes que tu devines être équipées de capteurs permettant une vision optimale par tous les temps.
- En avant ! fait Khandar à ses troupes.
Les commandos descendent un chemin de traverse menant au pied de la montagne, tu vois Minsc, Jan et Lahara te faire un signe de la main avant de rejoindre les autres, tu souhaites sincèrement qu'il reviendront tous sains et saufs... Il ne reste bientôt plus que toi, Jaheira et son groupe de sorciers, certains d'entre eux restent concentrés pour maintenir aussi longtemps que possible la nappe de brouillard tandis que d'autres reprennent des forces en prévision d'une éventuelle attaque des mages de combat royaux.
Tu entends raisonner au son du glas les cloches des nombreux temples de Calmka.
- Qu'est-ce qui se passe ? Ils donnent l'alerte ? demandes-tu à Jaheira.
- Quelle ironie, nous attaquons Calmka au moment où elle vient de perdre son roi...
Tu te mets en position et tu observes la progression des commandos à l'aide de la lunette de ton fusil. Malgré le brouillard, tes yeux aiguisés te permettent de discerner vos hommes se glisser à l'intérieur de la garnison après avoir au préalable neutralisé les soldats qui montaient la garde à proximité. Les commandos font preuve de leurs grands talents en agissant avec une précision chirurgicale et au bout d'un moment tu entends le son d' une sirène, puis tu les vois ressortir de tous les côtés de la garnison et se disperser tandis que les faisceaux des projecteurs balayent activement les environs. C'est alors que se déclenche une série de puissantes explosions qui soufflent plusieurs bâtiments de la garnison, l'onde de choc retentit avec fracas à travers la ville. Epuisés par les efforts de concentration qu'ils ont fournis jusque là, les sorciers abaissent leurs bras en dissipant ainsi la nappe de brouillard qui vient d'ailleurs d'être remplacée par une épaisse fumée opaque.
- Je n'y crois pas, ils ont réussi ! fais-tu en voyant les commandos se replier vers vos positions.
Les sorciers se réjouissent du succès de la première phase de l'offensive et Jaheira vient poser sa main sur ton épaule tout en regardant avec toi le spectacle depuis les hauteurs de la ville.
- Ragardez ! fait une amie de Jaheira en vous montrant une navette en flammes qui fonce droit dans votre direction.
- Faisons-la exploser avant qu'elle ne nous percute ! fait un des sorciers.
- Non, attendez ! intervient Jaheira. Elle change de direction et... on dirait qu'il y a quelqu'un qui vient de sauter.
- Affirmatif, dis-tu en suivant la personne toujours à l'aide de la lunette de ton fusil. Elle a ouvert un parachute et j'ai bien l'impression que le vent la rabat vers nous...
La navette poursuit sa trajectoire descendante et finit par s'écraser contre les contreforts de la montagne dans un déluge de flammes et de fumée. La personne atterrit quant à elle lourdement sur le sol rocheux non loin de vous et la toile du parachute la recouvre entièrement, elle s'emmêle un peu dans les cordages mais elle parvient tout de même à se défaire des sangles.
- Allons voir, fais-tu à Jaheira en t'élançant arme à la main vers le parachute.
Un homme s'extirpe de la toile et tu réalises que son visage ne t'est pas inconnu... Il vous regarde d'un air surpris tandis que tu le menaces de ton arme.
- Vous vous appelez Nab, n'est-ce pas ? demande Jaheira qui semble l'avoir reconnu.
- Nabuko, pour vous servir... fait-il en la saluant. Si j'ai apprécié votre prestation en tant que chanteuse avec Phoebus, je dois reconnaître que je garde un souvenir douloureux de votre attaque dans la salle de bal.
- Qui est-ce ? demandes-tu.
- Il s'agit d'un artiste ayant participé au tour de magie qui a clôturé le spectacle.
- Oui, maintenant je me souviens... fais-tu en abaissant ton arme.
- Je me rappelle que Phoebus vous avait appelé Jaheira, si je ne me trompe ? Et votre garde du corps ?
- Il s'appelle Tamanoir, répond-elle en souriant visiblement amusée par cette situation. Mais dites-moi, ne s'agissait-il pas d'une navette destinée au transport de prisonniers ?
- Euh... ben disons simplement que je trouvais l'endroit trop exigu à mon goût. Est-ce que ça serait trop vous demander de m'expliquer ce qui se passe ?
- C'est la guerre, monsieur Nabuko, répond Jaheira. Nos commandos viennent de faire exploser la garnison de la cité et notre armée est en marche pour s 'emparer du royaume.
- Et ben vous au moins on peut dire que vous ne faites pas les choses à moitié !
- Jaheira ! Tamanoir ! vous appelle un des sorciers. C'est le moment d' intervenir, l'ennemi envoie des troupes et des mages en renforts !
- Vous avez besoin d'aide ? demande Nabuko.
- Est-ce que t'as au moins une arme ? lui demandes-tu.
- Je crois que ça fera l'affaire... répond-il en dégainant un pistolet à fusion ayant probablement appartenu à l'un des gardes censés le surveiller.
- Et bien en avant ! fait Jaheira en vous faisant signe de la suivre.
Vous suivez Jaheira puis vous vous mettez en position pour couvrir la retraite des commandos. La tension est palpable tandis que le groupe de sorciers du Peuple de la Mer se concentre en vue de contrer une attaque des mages qui escortent les troupes ennemies.
- Autrement, que cherchez-vous à faire ici ? Quel est votre véritable but ? vous demande Nabuko à voix basse.
- Notre objectif est de conquérir plusieurs royaumes du sud de Magel pour ensuite les contraindre à nous céder des territoires, lui explique Jaheira.
Ils ont massacré les nôtres lorsque nous avions tenté de nous installer pacifiquement le long de la Voie Côtière il y a dix ans de cela, ceci alors que nous souhaitions juste y établir nos familles qui étaient en proie à la famine. Ils nous ont toujours persécutés et humiliés, aujourd'hui le moment est venu pour nous de leur rendre la monnaie de leur pièce ! Nous disposons d'une armée de plus de deux cent cinquante mille hommes, ainsi que de pièces d'artillerie, qui est en marche pour s'emparer de Calmka, l'autre moitié devrait bientôt débarquer à Alicarne...
- L'autre moitié ?! demande-t-il. Vous voulez dire que vous avez une armée de plus de cinq cent mille hommes ?
- C'est exact, mais les royaumes disposent à eux tous de près de huit cent mille hommes, en fait moins si l'on prend en compte les dernières pertes de Nyt et maintenant celles de Calmka.
- Il va y avoir de l'action... fais-tu en souriant tandis que tu observes les troupes ennemies à l'aide de la lunette de ton fusil.
- Toi aussi tu fais partie du Peuple de la Mer ? te demande-t-il.
- Non, mais je les aide car nous avons des ennemis communs, en particulier cette crapule de Lothar qui comprendra sa douleur lorsque je l'aurai en face de moi, je te le garantie...
- Lothar a été nommé régent des royaumes, tu t'attaques à un sacré gros morceau. Vous pensez réellement que vous réussirez à percer jusqu'à Ahzuwd ?
- Il est encore trop tôt pour en parler, lui répond Jaheira, mais il est certain que si nous tenions Ahzuwd les royaumes seraient obligés de négocier. A coeur vaillant rien n'est impossible...
- Les nôtres sont de retour ! s'exclame l'un des sorciers alors que les premiers commandos vous rejoignent tandis que les arrières ouvrent le feu pour les couvrir.
- J'ai un plan, t'explique Nabuko, mais pour cela il faudrait que tu fasses diversion avec quelques hommes pour attirer l'ennemi en aval. Tu crois que c 'est dans tes cordes ?
- Sans problème ! fais-tu en rejoignant Jan, Lahara et Minsc qui viennent de revenir de la mission.
- Faites attention à vous ! vous lance Jaheira tandis que toi et tes amis vous éloignez.
Vous descendez tous les quatre le chemin menant au bas de la falaise où vous croisez plusieurs commandos qui se replient vers le sommet. Les combats sont particulièrement violents, de gros renforts ennemis sont parvenus à couper la retraite à une partie des commandos et sont en train des les tailler en pièces, cela en dépit du courage et de la détermination dont font preuve les hommes du Peuple de la Mer.
- Vous avez tous compris la manoeuvre ? demandes-tu.
- Ca va être très séré mais c'est jouable... fait Minsc en armant son fusil.
- On te suit, Tamanoir ! déclare Jan en faisant un clin d'oeil à Lahara.
Telles de véritables furies, vous lancez tous les quatre une attaque surprise qui vous permet d'effectuer une percée spectaculaire parmi les soldats royaux, ceux-ci, déstabilisés, se replient en bas des falaises où vous vous dispersez rapidement après que Jan et Lahara aient jeté plusieurs grenades fumigènes.
Les commandos situés en haut de la falaise déchaînent les enfers sur les soldats ennemis dans un torrent de balles explosives qui sifflent dans l' air, zébrant de traits lumineux la nuit de Calmka. Ce sont plusieurs escadrons entiers de soldats ennemis qui tombent les uns après les autres.
Vous venez de leur porter un coup qu'ils ne sont pas prêts d'oublier...
Emportés par la soif de vaincre et grisés par la bataille, de nombreux commandos s'élancent à la poursuite des soldats ennemis qui se replient vers l'intérieur de la ville, c'est-à-dire tout droit vers une imposante armée de chevaliers que tu vois se diriger vers vos positions.
- Arrêtez ! cries-tu en espérant les retenir.
- Les imbéciles, fait Lahara, ils vont tous se faire massacrer...
- Il faut aller prévenir Khandar, te conseille Minsc, lui seul pourra les raisonner.
Vous retournez en toute hâte vers le sommet de la falaise et par chance vous croisez justement Khandar qui descend avec plusieurs hommes à sa suite.
- Des commandos sont partis à la poursuite des soldats royaux mais ceux-ci les rabattent vers une armée de chevaliers ! lui expliques-tu.
- Je sais, nous allons tenter de les arrêter avant qu'ils ne se fassent
piéger. Remonte et va chercher des renforts pour défendre ce chemin, assure-toi qu'il soit libre lorsque je reviendrai avec les autres. Je peux compter sur toi ?
- Pas de problème, fais-tu en hochant de la tête.
Khandar et ses hommes poursuivent leur route tandis que de votre côté vous retournez vers les autres où tu remarques que les sorciers se sont mis à l' écart en formant un cercle autour de Jaheira, bras levés vers le ciel tout en psalmodiant une puissante incantation. Nabuko observe quant à lui attentivement les combats depuis les hauteurs.
- Prends des hommes avec toi et suivez-nous ! lui demandes-tu.
- En avant ! fait-il à tout un escadron de commandos qui lui engage le pas.
Nabuko, les commandos et vous suivez sur le chemin menant au bas de la falaise, jusqu'à ce que vous voyiez des hommes courir en tous sens transformés en de véritables torches humaines. Une douzaine d'élémentaux de feu progresse en aval le long du chemin, ces créatures humanoïdes de plus de deux mètres de haut lancent des jets de flammes depuis leurs mains en semant la désolation autour d'eux.
- Il faut effectuer un tir de barrage pour les repousser. En position ! Dit Nabuko aux commandos qui se mettent en rangs. En joue... Feu !
Les commandos tirent une puissante salve de balles explosives qui abat deux élémentaux d'un coup. C'est ainsi que tu te rends compte que les élémentaux de feu cachent en réalité des mages qui les suivent de près. Un autre groupe de commandos parvient à contourner les élémentaux et à tirer sur les mages, mais malheureusement pour eux ces derniers ont déjà activé leurs défenses.
Tu les vois continuer à avancer sereinement, escortés par les élémentaux de feu. Sans même prêter attention aux commandos, un vieux mage revêtu d'une longue robe pourpre et or lève la main avec détachement et lance un puissant sortilège de mort. L'autre groupe entier de commandos décède sur-le-champ, comme si leur âme venait d'être fauchée soudainement par la Mort.
- C'est qui ce mec ? demandes-tu à Nabuko.
- Là on est mal... fait-il en ôtant le cran de sûreté de son arme.
Visiblement, une attaque frontale contre le groupe de mages et d'élémentaux serait du suicide, aussi Nabuko donne l'ordre de repli à son groupe de commandos. Les combats se poursuivent en aval tandis que Nabuko et toi cherchez une solution pour tendre un piège à l'ennemi et repousser son attaque.
- Que penses-tu de ça ? lui demandes-tu en désignant un bloc de rochers qui semble assez instable.
- Oui, ça pourrait faire l'affaire...
Jan escalade avec agilité la paroi de la falaise pour y disposer des explosifs. Pendant ce temps vous alignez les hommes à une certaine distance les uns des autres, puis vous vous cachez à votre tour dans l'obscurité en attendant que les ennemis arrivent à distance. Vous entendez le ciel gronder, comme si un gros orage était en préparation... Le groupe de mages se rapproche de vos positions, les élémentaux de feu continuant à faire des ravages parmi les pauvres malheureux qui n'ont pas pu s'échapper à temps.
Nabuko et toi vous regardez et vous comprenez que le moment est venu. Tu appuies sur le bouton de commande et une terrible explosion retentit, d' énormes blocs sont projetés sur le chemin qu'ils dévalent avec fracas dans un déluge de poussière et de graviers. Quatre élémentaux sont fauchés d'un coup et projetés dans le précipice, vous donnez le signal à vos hommes d' intervenir et ils bondissent en direction des ennemis tout en ouvrant le feu sur eux. Votre manoeuvre porte ses fruits et deux élémentaux de feu se retrouvent littéralement criblés de balles explosives, il n'en reste bientôt plus que quatre pour défendre la douzaine de mages ennemis. Ceux-ci ne s' attendaient visiblement pas à ce qui allait arriver, surpris et désorientés, ils ont abaissé leur garde, grossière erreur...
Nabuko, tes amis et toi vous lancez à votre tour dans la bataille en tirant des rafales sur les mages. Mais ceux-ci semblent assez différents de ceux que vous avez pu voir jusqu'ici, ils ne se laissent pas démonter et contre-attaquent avec force à l'aide de sorts de flèches enflammées et d' orbes chromatiques qui paralysent nombre de vos hommes. Soudain tu vois la foudre s'abattre à plusieurs reprises en direction de l'armée de chevaliers située près des portes de la ville. Apparemment Jaheira et les sorciers du Peuple de la Mer ont réussi leur coup et ont tapé en plein dans le mille, pour rien au monde tu n'aimerais te trouver parmi les soldats... Certains mages ne peuvent plus faire face et sont obligés de reculer en déployant leurs dernières défenses, vous en profitez pour les repousser vers le rebord du précipice. C'est alors que tu vois le vieux mage sortir du rang et effectuer des arabesques tout en récitant les paroles d'une puissante invocation, tu sens que cela ne présage rien de bon... Tu concentres tes tirs dans sa direction en espérant le déconcentrer, mais plusieurs mages s' interposent en créant des boucliers de force sur lesquels viennent s'échouer tes balles. C'est alors que les blocs de pierre se mettent à léviter puis à se rassembler en formant un énorme golem de plus de cinq mètres de haut, il se met à pousser un cri caverneux et tourne sa tête dans votre direction en vous fixant de ses yeux rouges lumineux.
Cette fois-ci c'est au tour de vos hommes de reculer, le golem donne des coups de poings dévastateurs qui envoient voler tous ceux qui ont la malchance de se trouver sur son chemin. Vous videz plusieurs chargeurs sur lui en pure perte, les balles explosives semblent à peine parvenir à endommager sa carapace. Le golem vous prend en chasse et vous êtes obligés de mettre toute votre agilité à contribution pour échapper à ses attaques meurtrières, la terre tremble sous ses pas et chacun de ses coups pulvérise des roches cent fois plus solides que vos pauvres os. Vous vous retrouvez bientôt coincés contre la paroi rocheuse sans aucun espoir de fuite, vous ne pouvez pas compter sur vos hommes pour vous venir en aide car ils ont déjà fort affaire avec les mages et la poignée d'élémentaux qui ont survécu. Le golem se rapproche de vous et se prépare à vous asséner un coup dont la puissance devrait vous encastrer dans la pierre, quand soudain il s'arrête net dans son mouvement. Tu tournes la tête et tu vois que Jaheira et son groupe de sorciers vous ont rejoint, ils sont en train de lancer conjointement un sort d'abjuration qui semble entraver le golem. Profitant de l'occasion, vous vous échappez et les rejoignez tandis que la création du vieux mage se désagrège, les blocs de pierre tombent lourdement au sol et le golem n'est bientôt plus qu'un mauvais souvenir.
- Merci ! fais-tu à Jaheira et à ses amis sorciers. Nous n'aurions jamais pu nous débarrasser de cette horreur sans votre aide !
- Ce n'est pas fini, fait remarquer Nabuko, il reste encore les mages et leur chef...
Mais ceux-ci ont compris qu'ils allaient avoir des difficultés à affronter autant d'adversaires et vous les voyez dessiner un cercle de lumière face à eux, ils disparaissent instantanément, franchissant un portail magique qui les amènera en lieu sûr. Ils brisent ainsi le lien mental avec les élémentaux de feu et ces derniers se consument en une dernière flamme, ne laissant tout au plus derrière eux que de délicates volutes de fumée.
- Les lâches ! t'exclames-tu. Dès que ça se complique pour eux ils prennent
la fuite...
- Ils vont probablement se regrouper et revenir plus tard avec des renforts, explique Jaheira. En tout cas notre attaque contre l'armée ennemie a été un succès ! Comme nous l'avions prévu, ils se replient vers la Porte du Couchant pour protéger l'accès de la ville. Khandar doit être sur place pourmener l'attaque, nous devrions tous le rejoindre pour lui prêter main forte en attendant l'arrivée de notre armée, qu'en pensez-vous ?