Chic, un peu de géopolitque !
Concernant ce qui a pu se passer à travers nos belles contrées de Métallah, je n'ai pas été spécialement choqué par le parcours, bien que surprenant, d'Isator. Ses débuts dans la CCC ont été assez mouvementés, il a permis d'attirer l'attention sur Centuren et de faire avancer les choses, mais il reconnu lui-même avoir fait des choix qui se sont avérés malheureux, le conduisant, de même que son organisation, au bord du gouffre. Du statut de fugitif et d'ennemi d'Etat n°1, il est devenu en quelque sorte le "Che Guevara" du peuple de Centuren, luttant pour la liberté et contre l'oppression de Haroulk, deuxième dictateur du nom. Aujourd'hui il s'est fait élire empereur du Nouvel Empire Démocratique de Centuren (à noter tout de même le paradoxe entre la notion d'empire et celle de démocratie), mais on peut dire sans mal qu'il en a bavé pour arriver là, donnant de sa personne et s'appuyant sur ses amis et les militaires qui lui étaient restés fidèles. Il a réussi l'exploit de réaliser un véritable coup d'Etat en causant le minimum de morts possible, nous ne pouvons donc que lui tirer notre chapeau... Ce type d'événement est malheureusement assez fréquent dans les pays d'Amérique latine ou d'Afrique, mais ils sont généralement sanglants et accompagnés d'une répression qui a tendance à plonger le pays dans une longue et meurtrière guerre civile.
Nous en arrivons donc à Mars qui en est quant à elle un bel exemple, Peter a allumé la mèche de la poudrière avant de s'en aller "casser du ghul" en orbite de Centuren. Il imaginait et comptait bien que ses actes et déclarations amèneraient la révolte sur Mars, ce qui entraînerait à terme son retrait du SSU et de la République, mais il n'avait probablement pas envisagé les horreurs qu'engendrerait ce qui est rapidement devenu une guerre civile. Il ne lui restait ensuite plus qu'à ramasser le fruit mûr tombé sur le sol. Bien joué...
Maintenant pour ce qui se passe sur notre petit bout de terre perdu dans l'espace, je crois qu'il y aurait beaucoup de choses à dire mais je commenterai les sujets déjà abordés. La Chine dispose d'un formidable potentiel, que ce soit au point de vue démographique, économique, en ressources naturelles, et même du point de vue culturel et scientifique, j'en veux pour preuve leur dernière réussite dans le domaine spatial qui va faire de la Chine (après l'URSS et les USA) la troisième nation à envoyer des hommes dans l'espace. D'un point de vue historique la Chine est le berceau de nombreuses sciences et découvertes (médecine, papier, poudre à canon, etc.), elle avait créé un empire stable et puissant alors même que les nations européennes étaient en train de se déchirer, en proie à des conflits seigneuriaux incessants. Mais le poids des traditions, le conservatisme, la corruption, mais aussi une certaine forme de décadence, ne lui ont pas permis de se moderniser suffisamment à temps, la laissant désarmée face au colonialisme européen qui l'a humiliée et l'a contrainte (souvent par la force des armes) à céder des territoires, déshonorant ainsi le pouvoir impérial qui n'a cessé de décliner jusqu'à la révolution. La guerre avec le Japon a également contribué à précipiter les choses...
La situation contemporaine en Chine est des plus paradoxales, le PCC occupe toujours une place prépondérante dans ce pays symbole du monopartisme depuis la chute de l'URSS, bien qu'il se soit quelque peu modernisé en un demi-siècle, en particulier sous l'influence de Deng Xiaoping (responsable également de la répression de Tienanmen avec l'aide du nouveau secrétaire général du PCC). Face à cela la Chine connaît une croissance et un libéralisme que nous ne pouvons qualifier que de "débridé", avec des taux de croissance comparables à ceux des pays émergeants, il est devenu depuis son entrée dans l'OMC un formidable moteur et relais de croissance pour l'économie mondiale. Mais ce sont essentiellement les régions et villes côtières qui bénéficient de ce boom économique, j'en veux pour exemple Shenzhen (non loin de Hong Kong) qui est sortie de terre en l'espace d'une dizaine années, devenant une grande cité moderne avec des buildings à l'endroit même où s'étendaient il y a encore peu des rizières. De même l'Etat chinois semble vouloir ouvrir davantage les entreprises publiques aux capitaux étrangers, ce qui était inenvisageable il y a quelques années (merci à l'OMC). Mais ne nous leurrons pas, cela n'occulte en rien la situation des vastes régions intérieures de la Chine où le niveau de vie d'une population essentiellement rurale est largement inférieur à celui des grandes métropoles côtières, le sida est galopant et cela va rapidement devenir un problème endémique à l'échelle de la Chine. Les conditions de travail des ouvriers ruraux qui se rendent dans les usines des métropoles afin de tirer un subsiste pour leur famille, cela sans que leurs droits soient respectés, travaillant plus de quinze heures par jour dans des conditions dangereuses (pas ou peu de sécurité, exposition à des produits chimiques, manque d'hygiène, etc.), cela n'a rien à voir avec les usines modèles ouvertes aux journalistes. Inutile de revenir sur la censure omniprésente, la répression, les prisonniers politiques, les exécutions de masse avec une balle dans la tête (pour pouvoir revendre par la suite les organes au marché noir), et j'en passe et des pires. Il est évident que la Chine sera la puissance avec laquelle il faudra compter au cours de ce siècle, mais comme elle a un siècle de retard en matière de démocratie, le PCC ayant verrouillé la plupart des mécanismes politiques, il est à craindre que seule une profonde révolution idéologique et politique fasse résolument évoluer les choses...
Maintenant je suis d'accord pour dire que ce qui se passe dans les pays arabes, en particulier au Proche-Orient, est intéressant. Comme l'a dit Yann, le peuple arabe oscille entre obscurantisme et modernisme, il se cherche et semble au seuil d'une profonde remise en question qui débouchera peut-être sur des avancées historiques et la reconnaissance de la nation arabe comme véritable force politique. Mais cependant tout cela manque cruellement de cohérence pour le moment, les alliances avec les occidentaux sont sujettes à discorde entre les membres de la ligue arabe, une véritable frontière apparaît entre ceux qui souhaitent continuer ce genre d'interdépendance (essentiellement pétrolière et militaire) et ceux qui au contraire préfèreraient affirmer leur indépendance. Si la ligue arabe peut arriver à des compromis, elle a du mal à faire entendre sa voix et à faire respecter ses décisions, laissant la voie libre à un quartette (ONU, USA, UE et Russie), sorte de "pot-pourri" d'influences diverses et variées pour régler le drame qui se joue au Proche-Orient. Il est difficile de prendre parti pour ou contre les israéliens ou les palestiniens, notre vision des choses étant largement altérée par l'image plus ou moins objective que nous en donnent les médias (résolument en faveur des israéliens aux USA et des palestiniens en Europe). Il est cependant certain qu'Israël a perdu la guerre de l'image, voir un enfant lancer des pierres sur un char nous fait naturellement nous mettre à la place du plus faible et donc prendre son parti. Avec la mort d'Yitzhak Rabin, Israël a perdu une chance historique de pouvoir enfin vivre en paix avec les palestiniens, Benjamin Netanyaou n'a apporté qu'une régression par rapport aux accord d'Oslo et s'est refusé d'appliquer plusieurs résolutions de l'ONU, Ehoud Barak a su faire plusieurs pas dans le bon sens mais il n'a pas eu suffisamment de temps pour aller jusqu'au bout de ce qu'il avait entrepris, quant à Ariel Sharon (Sharon Stone pour les intimes) il est à l'origine de la seconde Intifada qui a déjà causé plusieurs milliers de morts. Les différents attentats meurtriers auxquels on répond par des assassinats politiques et la destruction de quartiers entiers, la défiance mutuelle, les nombreux deuils et répressions, la vengeance qui appelle à son tour la vengeance, mais également un véritable sentiment de désespoir, sont autant de facteurs qui contribuent à étouffer littéralement la voix des pacifistes des deux bords qui ne cessent pourtant de marteler qu'il y a bel et bien encore de l'espoir...
On peut penser ce qu'on veut de Yasser Arafat, mais c'est une figure emblématique pour son peuple et peut-être le dernier rempart face aux intégristes de tous bords, qui font de la récupération politique avec le conflit israélo-palestinien pour justifier leurs attentats terroristes à travers le monde. Ce n'est certainement pas en le marginalisant, comme tentent de le faire Bush et Sharon, en détruisant les structures et les moyens d'action de l'Autorité Palestinienne, qu'Arafat pourra faire quelque chose pour arrêter les attentats. Sharon fait détruire un à un les postes de police palestiniens en représailles, mais paradoxalement il rend responsable Arafat de chaque attentat terroriste commis et lui reproche de ne rien faire pour les empêcher... Je crois fondamentalement que chacun (du moins le peuple) cherche la paix, mais c'est aux politiciens qu'il revient de la faire et les pressions partisanes des nations occidentales exercées sur les uns comme les autres se sont révélées jusqu'ici inefficaces. Seule une véritable pression internationale obligeant chacun au respect des accords déjà signés, proposant l'arrêt des constructions de colonies en échange de l'arrêt des attentats, assorti de la création d'un Etat Palestinien et d'une Confédération du Moyen-Orient (semblable à l'UE) pourrait apporter la paix et la stabilité à laquelle aspire et a également le droit cette région du globe...
Tournons-nous maintenant vers l'UE, sa puissance démographique et économique en fera la première puissance mondiale avec l'élargissement historique à 25 en 2004. Elle dispose de formidables atouts qui lui permettront d'apporter la stabilité en Europe, mettant fin à des millénaires de conflits incessants sur une terre qui a vu les deux guerres mondiales. Le destin de l'UE est probablement de s'étendre de l'Atlantique au Pacifique en passant par la Mer Noire, mais il faudra qu'elle passe nécessairement par une refonte de ses institutions afin que celles-ci puissent fonctionner avec autant de membres. L'Europe devra également apprendre à parler d'une seule voix afin que celle-ci puisse peser sur la scène internationale et faire contrepoids à celle des USA. De même il serait bienvenu que certains de ses membres jouent davantage la carte de l'Europe, je pense en particulier à l'Angleterre (le 51ème Etat des USA) qui se range plus facilement aux côtés des américains qu'à celui des européens du continent. Que dire du fait que les anglais reçoivent autant qu'ils contribuent au budget de l'UE, le trop plein versé leur étant restitué, une faveur accordée à ce pays lors de son intégration et à laquelle il s'accroche toujours bec et ongles ? Que dire également du système d'espionnage Echelon réparti dans les pays anglo-saxons et qui couvre pratiquement le monde entier ? Au début pour la guerre froide, maintenant au nom de la lutte contre le terrorisme, officieusement pour l'espionnage économique, les américains se servant de leurs paraboles sur le sol anglais pour obtenir des renseignements sur les entreprises européennes continentales, les communiquant ensuite aux leurs ainsi qu'à celles de leurs chers amis anglais...
Tout ça pour finir par les USA, sans rentrer dans un anti-américanisme primaire, nous pouvons facilement mettre le doigt sur les nombreux endroits où ça fait mal. Ce n'est pas tant l'hégémonie américaine qui est dangereuse mais l'hégémonie en elle-même. La position qu'occupent actuellement les USA est comparable à celle de l'Empire Romain durant l'Antiquité, or nous savons tous qu'il a sombré dans la décadence au fil des siècles avant de s'effondrer sur lui-même, mais bien que l'on parle souvent d'impérialisme américain, la situation actuelle n'est pas tout à fait comparable. Petite parenthèse écologique, les USA représentent moins de 5% de la population mondiale et plus du quart de la pollution mondiale, George Walker (Texas Ranger) Bush (alias
www.bush.con) n'a pas hésite à dénoncer les accords de Kyoto (cela alors que Clinton s'y était engagé), afin de permettre à l'économie américaine de ne pas souffrir d'une réduction de la production qu'entraîneraient les coûts d'aménagement nécessaires à une réduction des émissions polluantes. Depuis la seconde guerre mondiale, où ils ont quand même attendu fin 1941 pour entrer en guerre (merci aux japonais), les américains croient qu'ils ont le devoir de "sauver le monde", devenant ainsi son gendarme, mais un gendarme défendant surtout ses propres intérêts, il faut bien l'avouer... Que penser lorsqu'on sait que nombre des membres de l'administration Bush ont un jour fait parti du lobby pétrolier, jusqu'à la secrétaire d'Etat à la sécurité intérieure ou encore la ministre de l'écologie qui était l'avocate d'une grande compagnie pétrolière américaine ? On peut donc se demander pourquoi ils se priveraient d'effectuer des forages pétroliers dans une réserve naturelle en Alaska ? Chacun sait que la guerre en Afghanistan (réseaux de gazoducs) et en Iraq (2ème réserve mondiale de pétrole) ne sont pas essentiellement motivées par une lutte contre le terrorisme. Alors que l'on avait presque oublié Saddam, les américains ont réussi à en faire l'ennemi public n°1 (Reward ! Dead or Alive), 11 millions d'iraquiens affamés représentant une terrible menace pour le reste du monde. Après s'être assurés qu'ils n'avaient pas d'armes (étrange après tout ce qu'ils leur ont balancé sur la tête), ils ont déjà programmé la guerre pour fin janvier (avant les vacances d'hiver et le ski à Aspen). Nous sommes confrontés à la chronique d'une guerre annoncée, chose unique dans notre histoire. Mais le pire c'est que nous restons plus ou moins les bras croisés, attendant que le couperet tombe, ou plutôt que les américains tranchent après avoir forcé la main de l'ONU qui a de plus en plus de difficulté à faire respecter ses droits face à des USA omnipotents, qui se croient tout permis depuis la chute de l'URSS. A côté de cela la Corée du Nord les nargue ouvertement, mais il faut dire qu'eux ont des armes nucléaires et l'on ne va donc pas mettre en danger les précieuses vies des militaires américains, non, on préfère construire un bouclier anti-missiles (Star Wars) pour se protéger des Etats voyous, relançant par ailleurs la course à l'armement (les fameux glaive et bouclier). On pourrait parler longtemps des américains, de tout ce qu'ils peuvent nous apporter de positif mais aussi de négatif et de dangereux pour l'équilibre de la planète, mais au final c'est à nous autres qu'il revient d'agir à notre échelle, de promouvoir nos idées en favorisant l'émergence de contre-pouvoirs (comme l'UE) qui permettront d'affirmer notre vision du monde et d'y apporter un peu d'équilibre. Désolé d'avoir été si long, mais la géopolitique est un sujet qui me passionne. Il n'empêche, on ne peut s'empêcher d'imaginer ce que serait le monde si Bush s'était étouffé avec son bretzel...
Guillaume alias Nexus